Comment être original suite aux précédentes critiques... unanimité à laquelle j'adhère totalement.
Un album d'une qualité rare tant en technique que dans l'écriture et la composition. Entre chanson et rock, puisque les artistes auxquels je pense vont de Mano Solo à Matmatah, en passant par Bénabar, Gainsbourg, Brel, Ferre, Thiefaine, Yves Simon, Nougaro, Jonasz...
La plume est exceptionnelle. L'écriture est fine et sembler couler de sources... et pourtant la versification est très travaillée, et les sujets traités de manière assez originale. Bien des artistes reconnus pourraient en prendre de la graine !
Si mélodiquement, rien n'est vraiment inventif (quoi que...), l'arrangement est très bon. Les divers instruments utilisés se mélangent et se complètent parfaitement, mettant en valeur le texte et l'interprétation vocale.
Manon, référence évidente à Mano Solo pour le texte et la manière de poser le texte sur la mélodie. Une grande nostalgie se dégage de l'ensemble. Une sorte d'Ode à une femme, chanson d'amour qui jamais ne tourne à l'eau de rose et aux clichés. Une vraie réussite.
J'aime beaucoup les ruptures rythmiques entre couplets et refrain... C'est d'ailleurs, le cas sur tous les morceaux de l'album.
La mèche. Est-ce utile de redire à quel point le texte est d'une qualité incroyable ?! L'atmosphère est maitrisée toute en nuances, entre la retenue du couplet et la montée en puissance progressive sur certains passages. Fait parfois penser au dernier album de Noir Désir.
J'ai rêvé... La rythmique insuffle à l'atmosphère du morceau un côté tension soutenant ainsi le texte. Une vraie cohérence entre le thème et la musique relevé par la rythmique qui insuffle la tension décrite par les mots.
Ici L'ombre... Joli jeu de mot pour un morceau qui ne peut pas ne pas rappeler Matmatah (dernier album), et dans la construction mélodique/rythmique, et dans les ruptures, et dans la versification. Très sympa.
Au mage. Encore un jeu de mot pour cet hommage à Nougaro ! Un vrai jazz à la française, et finalement à part l'accent et l'interprétation vocale, Ce pourrait être du pur Nougaro. Ca m'a donné envie de ré-écouter cet artiste qui nous manque !
Kenavo Quehello... Un morceau respirant la bretagne. Effet de mode ? Non cette mode est un peu passée. Le morceau débute sur la déconstruction de la maison bleue de Leforestier pour ensuite nous emmener dans un autre décor, une autre ambiance. Joli, bien que j'accroche moins à celui-ci qui semble moins fort globalement (question écriture), que les précédents, cédant plus à certaines facilités je dirai.
Tout contre tout. Moins interessant également celui-ci. Et cette fois c'est la mélodie qui cède à la banalité, car les texte est lui très bien ciselé.
Rêvons... Plus rock, ca fait du bien, ça réveille ! Rien de sensationnel, juste une bonne pulsation, une mélodie accrocheuse, un texte carré et une interprétation globale, comme pour le reste de l'album, parfaite.
Tu te moques... Difficile selon moi, de ne pas penser à Michel Jonasz. Un type de jazz, plus soft que celui de "Au mage", les cuivres et certains passages rappellent aussi Bénabar. Mais encore une fois le texte me semble au dessus de ceux que je considèrent comme influents sur ce morceau.
Découvert (seulement) il y 2 jours, je ne me lasse pas d'écouter, cet album. Je vais faire une pause tout de même pour me replonger dans l'oeuvre de Nougaro. Mais j'y reviendrai à coup sùr !
Félicitations pour cet album talentueux. Et très jolie jaquette également refléttant bien l'atmosphère de l'album
Belle continuation à Khaban'