Aïe... D'avance, je redoute ma critique... J'en ai vu des artistes amateurs ou semi pro, des festivals Emerganza, des groupes de potes qui y croient, de la cave emménagée au studio d'enregistrement en passant par les répétitions quotidiennes. C'est de surcroît le lot de mes meilleurs amis... Critiquer devient dès lors un exercice incroyablement douloureux tant l'exigence de l'introspection apparaît alors à son tour...
Bref.
Je tiens juste à préciser que je n'ai pas lu au préalable les critiques précédentes, afin de ne pas créer d'influence dans les termes choisis. Egalement que j'ai pris le temps et l'attention d'écouter cet album (et que je continuerais à l'écouter pour voir si le temps "fait quelque chose à l'affaire...").
[...]
Prenez le talent d'écriture de Damien Saez, mettez lui quelques bons coups de râpe à fromage. Plagiez ensuite les mélodies (intros et refrains tout particulièrement) de Noir Désir, vous obtenez "Les Amants Lassés".
Je suis resté étourdi à l'écoute de la piste "Le Monde est en Crise"... Cette chanson est une copie incroyablement médiocre de "Jeune et Con" et de "Solution" de Saez. Les mêmes mots, la même manière de chanter, les mêmes effets typiques (que sur l'album "Jours Etranges"). Le tout en beaucoup, beaucoup moins bien. Vous savez, les plats amoureusement préparés la veille et dont on réchauffe les restes le lendemain. Les mêmes en mous, les mêmes en mauvais. Le discours est absolument identique, beaucoup trop identique. Comme le devoir du pote que l'on recopie en essayant de reformuler tant bien que mal, ou les outils de traduction en ligne qui vous retourneraient un Malraux dans sa tombe. Un triste milk-shake de mots et idées magnifiquement posés sur quelques accords quelques années plus tôt. Là où Saez nous transportait, Pièges à Rêves nous laisse de marbre. On n'y croit pas, tout simplement. Non pas que ça rentre et que ça ressorte aussitôt, non, ça ne rentre même pas. Que l'on aime ou non, la question n'est pas là, reste du premier album de Saez sa façon si particulière de chanter, à la fois fausse (en terme de justesse) et un "je-ne-prendrais-pas-de-cours-de-chant-et-je-vous-emmerde" qui non seulement collaient avec le bonhomme et ses propos mais étaient ramenés au rang de détail annexe face à son rare talent d'écriture.
Il y a des plagiats de qualité, Luke (Saez & Noir Désir) qui sont réellement agréables à l'écoute. C'est carré, c'est rôdé, ça se cale entre deux classiques sur Oui FM en douceur. On en redemanderrai presque. En essayant de trouver à tout prix aux "Amants lassés" une place quelque part, alors peut-être pourrait-on parler de "plagiat expérimental" (plutôt que "ersatz de musique").
La musique prête bien plus facilement à ressemblance, à involontaire plagiat, alors restons indulgent... Mais faut-il vraiment que Pièges à Rêves ait habité dans une grotte depuis quinze ans pour ne pas entendre les rifs, intros et refrains de Betrand Cantat et sa troupe dans leurs propres "créations" ? Difficile alors d'apprécier. Ca sent le réchauffé, le copié. De nouveau.
Le tout forme un amalgame de ces deux artistes. Sans le talent d'écriture et la jeunesse rebelle de l'un, sans la rage et le charisme de l'autre. A peine les dernières pistes d'une face B. Et quand on se dit que de pistes à l'origine rejetées naissent parfois un quadruple album tel que "Tracks" de Springsteen, on se dit que le grand soir apparaît décidemment bien loin pour Pièges à Rêves.
Désolé (autant avoir été sincère).
PS : A propos de "Monther tongue", j'ai évité la référence à l'incroyable et génial groupe "Ghinzu". J'ai l'espérence de penser que votre album n'est pas beaucoup plus récent (composition) que "Blow" des démentiels belges.
PS 2 : En revanche, très joli site web, sincèrement. Aussi esthétique qu'efficace. Les interpolations de mouvements sont très bien pensées, très "stylées".