Raphaël a beaucoup de talent et est très à l'aise aussi bien en électro qu'en musique pure (pour ne pas dire en musique Classique, ce serait idiot) mais le mariage des deux genres est très difficile, sans passer parce qui a été fait entre les deux. Il faudrait soit se réfugier dans l'un, soit dans l'autre, et ne garder que la méthode ou la forme. Par exemple, faire du Classique en pensant «sons» plutôt qu'instrument, ou faire de l'électro en imaginant des instruments, le tout dans des formats un peu plus vastes. C'est un réflexion personnelle que je cultive depuis longtemps, pas un conseil d'un pro que je ne suis pas. Pour la note, je mets comme si c'était audible car le métier est là et bien épais.
Quatorze ouvertures, de la musique classique aux synthés, un peu d'électro, agressif et comme ça cherche à imiter c'est sans réelle recherche sonore. Quatorze circonlocutions est du même tonneau. Quatorze cautèles et Quatorze souvenirs, c'est plus électro, c'est plus cohérent. Quatorze variations, c'est de la recherche et, du coup, c'est bien plus intéressant. Quartorze esthètes, idem.
Le Bonus - Le Bharata Natyam d'Eichor Premier est plus authentiquement Classique, à la sauce moderne tout de même. Bonus - Eichor Premier cavernicole est une suite à la même hauteur. Bonus - Thébaïde pour quatuor à bois et piano, de même. Bonus - Équarrir des agneaux, Raphaël Badawi n'a vraiment pas besoin de ce genre d'exercice grotesque. Bonus - Esquisse d'un moungongo sans iboga sur un esquif, est très improbable et insignifiant.