Nous sommes dans l'ère du faux et il faut/x l'accepter : la fausse Mini, la fausse Coccinelle, la fausse Fiat 500... maintenant le faux "Compte à rebours" ? En effet, les maths sont mises à mal depuis la sortie des faux Star Wars : on sort le 4 avant le 1, le 6 avant le 5 et le vrai avant le faux. Sousbock s'inspire de son maître Yoda et nous sort désormais ses albums dans le désordre, tel les chiffres du Lotto, avec ou sans numéro complémentaire (à quand "So for now on" en bonus disc ?). Nous voilà prévenus : le nouvel album est en fait un antécédent de "Parenthèses", qui était pourtant le... premier.
Alors, simple réédition ? Non puisque tout est neuf. Enfin presque. Sousbock réécrit l'histoire, tel Ozzy Osbourne effaçant les pistes de basse et de batterie d'un de ses vieux albums pour le remaster, Sousbock repèche des vieilles pistes et les mèle avec des nouvelles. Le résultat n'est pas gènant pour qui découvre Sousbock pour la première fois (pléonasme, on découvre toujours la première fois), mais pour les vieux croûtons (salut Gil Jourdan !) qui ont suivi le groupe depuis 9 ans, ça fait un peu... bof... mais "bof" plus pour le principe que le résultat. : en fait l'album se laisse écouter sans qu'on y pense trop. Toutefois, c'est aussi crédible que les faux duos Céline Dion / Frank Sinatra par grand écran interposé. Le professeur est d’une autre génération, peut-être. This is the 21st century, inutile de bouder son plaisir. Toutefois, je ne peux pas m'empècher de trouver cette révision un peu limite.
Voyons plus en détail...
01.Mélancolique Obscurité : 7/10
Une de mes 3 chansons préférées de SousBock. Et pourtant, cette fois la pilule a du mal à passer. Déjà je ne l'aurais pas mise en intro, mais plutôt vers la fin, genre en avant-dernière plage. Elle a un côté intense qui à mon sens doit venir après être préparé, un peu comme une récompense, comme "Un mirage" sur l’album suivécédent (néologisme s’appliquant à Sousbock et Star Wars pour désigner ce qui suit et précède en même temps).
Ensuite, l'arrangement est devenu plus pataud, la chanson se traîne un peu et perd de son sens. Puis ce mélange de sonorités comme avant et de nouvelles ne me branche décidément pas, mais c’est parce que j’ai écouté l’ancienne version assez souvent. Je suis donc mal placé pour en parler. Ou alors très bien placé ? Ca me fait l'effet des samples des rappeurs, sauf que chez eux ça passe mieux car dans un contexte de piratage en soi. Tu me diras que McCartney, Starr et Harrison on joué sur une vieille bande de Lennon et que je ne m'en plains pas. Oui mais... les Beatles, c'est plus facile de leur pardonner. :)
Je suis retombé récemment sur une version acoustique (de "Mélancolique obscurité", pas de "Free as a bird" :D ) et ça passait bien, malgré la guitare un peu approximative. Comme quoi un excès d'arrangement peu tout gâcher. L'alchimie est sujette aux dosages délicats.
Le texte est bien par son évocation de l'ultra-moderne solitude (hi hi hi) mais pas bien par ses rimes, un peu trop évidentes. Dommage que tu fasses des rimes pourries avec des sujets sympas alors que Bénabar fait de bonnes rimes avec des sujets de merde.
02. Aussi Loin d'Ici : 9/10
Première bonne surprise de l’album, voici la petite soeur de "Quelques coups bas de plus". Arrangement direct et net, petit piano sympathique, chant expressif, et surtout compo qui va quelque part. Le texte a ses moments, mais reste encore, à mon avis, un peu forcé par moments. Je ne veux pas faire genre Eric Naullau mais quand même : "L'absence est présente / L'hiver a souri / Brûlure clémente / L'enfer est ici", c'est pas un peu constipé comme rimes ?
03. Un Homme Sans Visage : 8/10
Après les nuits sans Kim Wilde de Voulzy, voici l'homme sans Visage, qui se fond dans le gris (ah ah ah, Visage, fade to grey, ah ah ah, avec des feintes comme ça je vais finir en Muriel Robin mascul... euh, maubvais exemple). Et en effet, aucune trace de Mr Midge Ure, on tend plus vers un autre Steve, Silmarillion m'était compté (et non pas Comté, bien que nous soyons en terrain bargiesque). Oui, pas de mystère, Hoggy-les-bons-tuyaux (enfin, comme sa femme s'est barrée, on peut penser que son tuyau a eu quelques ratés...) a encore frappé. Certes il laisse Bargio décider de sa setlist, mais en échange il le vampirise et l'influence tel un alien contrôlant la pauvre Sigourney Machintruc dans ses films pourris qu’on dit "cultes" pour pas dire "merdiques", c’est l’époque, que voulez-vous...
Là où "Cicatrise" avait un côté mère de violence kwaaa, l'homme sans visage (Mud dira que c'est toujours mieux qu'être une Homme Sans Bite) visite la Hogarthie (démocratie dictatoriale londonienne) sans visa ni ADN (ça c'est pour faire 'achement intéressé par l'actualité) mais sans trop s'en imprégner.
Heureusement, car cela aurait fait flop. On ne fait pas du Hoggy si on n'est pas Hoggy lui-même. Et "UHSV" remplit son rôle : le Professeur passe un bon moment au milieu de ces arpèges qui descendent et mènent vers un Mellotron voix aussi faux ( = fake, pas out of tune) que sympa. Le texte ne souffre pas du syndrôme de la rime facile (inopérable) et tout cela est fort bien, cher ami. Enfin un texte digne de certains anciens, quand tu racontais des histoires ("L'inspiration", "Cuisinier blues"). La voix me rappelle l'immaturité de certains chanteurs dans leur jeunesse. Et c'est une qualité. Le petit synthé très moderne dans le fond est cool.
04. Entre Toi Et Moi : 8.5/10
Et dire qu’il y a des mauvaises langues pour dire que le tonnerre a été piqué à Parenthèses" : bandes de cons, si "Parenthèses" est le troisième album, comment voulez-vous que le premier s’en inspirasse ? Et la chanson ? Tiens, un nouveau musicien qui apparaît, l’air patibulaire et la barbe empruntée au George Michael des années 80. Bertrand Cantat à peine libéré a déjà rejoint Sousbock ? Oups non, c'est Oreille, toujours fidèle à son look d'artiste torturé comme on en trouve à la pelle dans "Sous le soleil" (oui, le Professeur a Ses références, et si vous n'aimez pas, la prochaine fois Il citera Derrick -Sa série préférée-. Ah les épisodes de la fin des années 70, pantalons disco, BMW série 5, téléphones à cadran...) J'ai dit TELEPHONE ? Non rien... Message subliminal, en fait. Du Noir Désir alors ? C’est bien rock. Nadine T., fan des Sousbocks, nous dit "C'te chanson, 'taing cong que ça fait l'effet d'une baffe, même si c'est pô la Cantate de Bach, peuchère !". Laissons la truculente Nadine T. de côté (oh oui, reste où tu es, Nadine) pour nous intéresser aux deux voix, à ce Sousbock quasi-rock, qui parle dans l'hygiaphone quand l'argent trop cher est vraiment trop cher. Texte mèlant une fois de plus rimes dignes d'une Lorie sous amphètes et moments plus classe. Au fait, puisqu'une gifle Cantat-Nadine Trintignant semble difficile à réaliser, ne pourrait-on pas envoyer William Leymergie à Madame-Gnan-Gnan ? Invitons-la à Télématin, et Bill L'Etrangleur se chargerait de terminer le boulot. Mais ça nous éloigne de notre sujet, les Sousbocks. En fait c’est dur de parler d’ "Entre toi et moi", mais j’aime vraiment l’alternance couplets-refrains, les deux voix limite bouillon comme un débat avec JP Elkabbbbbach (le journaleux qui interrompt ses invités jusqu’à ce qu’ils répondent ce que Môssieur veut entendre.), les grattes, etc...
05. Inexaucé : 6/10
Le passage angélique ou heavenly du cd. J'aurais préféré que ce soit un passage de chanson plutôt qu’une chanson en soi (pas en fil de soi pour autant, ahahah, mon dieu, je me guybedossise), en fait. Parfois le chant donne l'impression de s'étrangler un peu... ou alors c'est que ça a été enregistré au studio de Télé Matin ? J'aime les ingrédients de la chanson, mais la sauce a un peu de mal à prendre. Ca me fait l’effet de Genesis en 98, qui jouait le solo de FoF comme ça, sans rien. Imagine Marillion qui jouerait le passage planant d’ OoTW tout seul. "Inexaucé" provoque cette sensation bizarre chez le Professeur.
06. Réminiscence : 8,5/10
Tiens j'ai confondu avec "Insomnie", autre hit de la préhistoire sousbockienne. Sans rire. Bel enchaînement avec "Inexaucé". C’est même assez beau comme compo, le piano, le mellotron. J’aurais bien vu un solo de Robert Fripp dans le passge instru. Et amusant, lorsque la dernière note est venue, je m’attends à entendre... "Squonk" !! Le"Entangled" des Sousbocks ? Nooon, William Lemeyrgie, ne t’énerve pas, on a dit "Entangled", pas "EntRangled" !!! Pfouuuuh, çui-là, faut le tenir !
07. Réparer mes erreurs : 8/10
Ah j'aimais bien celle-là dans le temps (que le Professeur était jeune et fringuant comme Hortz Tappert), son refrain d'enfer... y avait même un remix électro. Mais... qu'entends-je ? C'est juste le même texte pourri sur une une autre musique ? Où qu'elle est la compagnement d'avant ? (oui je dis "la compagnement" et non pas "l'accompagnement" et je vous emmerde, OK ?)
Mwouais... mais bon, les percus, les synthés, les cloches, et tout ça, ça sonne bien, genre BONNE variété. Mais les rimes sont toujours aussi forcées. Même pas peur de réparer tes erreurs ? Quitte à refaire la musique, une refonte du texte aurait été la bienvenue. "Pas d'électrocution sans une stimulation / Ni de compte à rebours qui ne vaille le detour / L'envie te revoir sans en avoir l'espoir / La pire de mes souffrances mon plus profond silence"... (regard embarassé) Le gars qui a écrit ça est le même qui a critiqué "Lycée Nase" ?
08. Fil de soi : 9/10
Deuxième bonne surprise, Sousbock fait dans la finesse et cette fois le fait bien. Je ne suis pas fan fan du sujet, tristesse après la perte d'une amitié, bof... moi ça me réjouirait plutôt, mais chacun son truc. Bon, c'est bien torché et bien chanté. Tiens ça m'évoque un peu l'"Hôtel des insomnies" de Chamfort. Le faux CP80 et le faux Taurus sonnent plus vrai que nature. A quand une fausse Fiat 500 qui fait le bruit sympa de la vraie ? Oops, comment ai-je pu vanter une voiture à carbu en plein Grenetruc de l'Environnement ? Mon dieu, une Fiat 500 ça polllluuuuuue du CO2 que c'est pas zentil tout méssant comme le méssant Eric Zeymour qui aime pô les zentils cyclistes. Et ça vous fait rien de savoir que dans 30 ans le chanteur de Tokio Hotel ressemblera à Derrick ?
Tiens j’ai un problème pour parler des chansons que j’aime le plus, ici.
09. Globerêveur : 9/10
Troisième bonne surprise, "Globerêveur", cet ancien candidat à la mort violente, trouve enfin sa place. Plus qu'une respiration, c'est simplement là où il faut quand il faut et comme il faut. Comme "Chez moi" précédemment. (Euh, enfin : suivamment)
10. Amnesia : 6.5/10
Ze hit of Sousbock. Ca commence à devenir connu. Enfin, je veux dire que je commence presque à m'en lasser un peu. C'est la combientième version ? Malgré un texte rimant plus juste que la moyenne (comme les vieilleries sousbockiennes en général), malgré un bon arrangement, je sens qu'"Amnesia" va finir dans la culotte de Marc Ysaye avec "Stairway to heaven" et "Roundabout", et donc dans un concours d'Air-Guitar (le truc le plus débile, ridicule, ringard, con, abrutissant apparu ces dernières années. Qu'est-ce qui est pire : la soudaine passion des cons pour le rugby ou l'air-guitar ? L’enquête continue) J'aimais bien la version anglaise. Pas vous ?
11. Solitudes nocturnes : 7/10
Eh eh, il y a du monde. Dis-donc c’est le grenelle des Sousbocks ou quoi ? Tu dis que c’est pas chiant malgré 9 minutes et 3 accords ? C'est vrai. Mais c'est pas "House" non plus. C'est décent et les soli passent relativement bien, surtout le dernier (clarinette) qui a un petit cachet particulier. L'ambiance est intéressante, mais ça fait un peu Canada Dry au final. Manque un petit truc, une petite étincelle. Ce n’est pas la superbe double finale de "Parenthèses".
L'album : 7.5/10
Plaisir évident à l'écoute, mais quelques moments poussifs qui me gâchent un peu l'écoute comme album formant un tout. Je me suis même surpris à l’écouter en partie récemment, alors que "Parenthèses" je ne l’ai toujours écouté qu’en tant que tout. J'apprécie les arrangements, les sons, le chant... mais il manque ce petit quelque chose qu'il y avait sur "Parenthèses".
Les textes me gênent toujours un peu par moments, mais en chanson française le Professeur est exigeant, donc pas de malaise. Le côté mélancolique que j’affectionne chez Chamfort, Souchon, Sheller, Gainsbourg, Chatel et même JJG est chez Sousbock un peu léger pour vraiment me toucher. C’est pas demain la veille que Ian Curtis se retournera dans sa tombe de jalousie. Ou alors dans quelques decades ? (au fait qqun a vu le film sur Curtis ? Ca vaut quoi ?)
Détail amusant : "Parenthèses" est le titre d’un album de Françoise Hardy, "Compte à rebours" d’une chanson de... Françoise Hardy. Toi t’as trop roulé en Datsun Laurel. (je sors ?)
La pochette : 9/10
Joli remake de la première version, c'est frais, joli, ordinateur-sans-faire-branchouille, bref cool, scintillant, etc... Les crédit sont également moins "pour les potes", c’est un plus ! J’avais peur d’une bénabarisation des Sousbocks. Elle n’aura pas lieu. Tant mieux. A moins qu’Oreille ne transforme sa barbe de Sous-Le-Soleil en bouc de trentenaire ? A suivre... sur le 2ème album.