Merry-go-roundAlbum artwork#12 this week

Album For all the Dreamers vom Künstler Child of fantasia

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Liedtexte

La rage de Sira semblait faire corps avec la furie des éléments, la brise s'emporta en une folie stridente. Les rafales de neige balayaient les mots de l'enfant et les emportaient au loin pour les jeter dans le néant. « Qui est Eloïm? Et qu'est ce que c'est que cet endroit? » Vociféra la jeune fille. Le vieil homme posait toujours son regard profond sur elle, imperturbable, serin face à la tempête. « Certains s'accordaient à croire qu'il s'agit d'un virus qui a engouffré les systèmes, d'autres la voix de la création ou d'autres bêtises ésotériques. Peu importe sa nature exacte, j'espère qu'il te ressemble beaucoup, qu'au fond ce n'est qu'un enfant perdu qui a grandi dans la rancœur et dans la faiblesse. -Assez avec ces injures vieux fou! Avant ils étaient des millions! Ils étaient ensemble! Ils s'amusaient! Et moi? Je suis toute seule! -C'est donc cela que tu désires mon enfant? Revoir tes ancêtres carbonés ? Si ce n'est que ça... -Comment? S'illumina Sira, Ils sont toujours en vie? -Au delà des âges, a travers les éons, résonnent les rires du fou, semblables aux délires célestes. Ceux que tu recherches sont les spectres d'un monde révolu, et seuls quelques envieux peuvent encore discerner les trainées fébriles de leurs draps blancs déchirés. Au bout d'un chemin qui ne mène nulle part, peut-être pourras-tu en apercevoir. Lorsque le souffle t'aura abandonné, et qu'il ne restera de toi que regrets, ils t'apparaitront. Anges déchus d'une lignée corrompue, pour toi, renaitront. -Cesse donc tes phrases insupportables. Tu n'es qu'une caricature de vieux sage vaniteux. Indique-moi juste où est ce chemin." Le vieil homme regarda autour de lui l'étendue blanche d'un air amusé. "Un chemin? Du désert de ta renaissance, où toutes les étoiles étaient là, prêtes à être cueillies, tu es à présent au beau milieu d'une tempête de neige. Bientôt, au dessus de ta tête, ne subsisteront que de fébriles étoiles éparses. Il n'est pas de sentier que l'on ne trace soi-même ici. -J'en ai assez de tes moralités, soupira Sira, je trouverai mes frères, et plus jamais je ne serai seule." Sur ces mots, la jeune fille tourna les talons et s'en fut dans le désert de glace. Le vieil Aleph la regarda s'éloigner, chanceler contre les bourrasques de ses désirs. "Ce que chez l'homme on peut aimer, c'est qu'il est un passage et un déclin..." *** « Dieu ? Dit un clown. -Oui ? Répondit un clown. » Pompeuse courbette raffinée, froissement de parure alambiquée. « Vous nous aviez mandé quérir, Dieu, les raisons de l’arrêt impromptu de l’Univel. Nous nous exposons à vos chevilles afin de vous aviser de la réussite de notre quête. -Veuillez patientez, esclave mécanicien, répliqua le second baladin. Je vous serez gré de recouvrer la parole lorsque j’aurai achevé ma tasse de thé. -Nous patienterons, ô, roi des Marionnettistes. » L’univers-Carrousel était en effervescence. L’arrêt du manège n’était jamais survenu de mémoire de marionnette, et la tension se faisait palpable sur les faciès pourtant habituellement ornementés de sourires figés. Cela faisait en effet de trop longues minutes que les chevaux laqués, coches roses et blancs et autres ostensibleries de fanfares étaient entrés en inactivité. Les humains-troubadours, câblés au dôme du monde bariolé, grelotaient de froid : Ce froid insidieux, souffle des particules décélérées, seigneur du néant. Ce froid qui rappelle aux petits êtres créés la peur des origines lointaines et brumeuses, là où demeure le voile gardien du vide, l’ultime rempart avant l’inexistence. Il fallait promptement s’en éloigner, ou la peur rongerait les âmes, briserait les amarres. « Tourner... Tourner, grelotait un pantin, il nous faut tourner... » Mais la cacophonie entrainante demeurait muette, les cymbales des joyeux singes de bois peints ne résonnaient plus, les tambours éclatants des espiègles drilles s’étaient tus. Le Dieu-clown déposa sa tasse de thé grossièrement aromatisé. Il tamponna méticuleusement ses lèvres surchargées d’une dizaine de couches de peinture d’un buddleia au gout douteux à l’aide d’une mantille de broderie délicate et patienta. Le clown-esclave observa qu’il était temps de présenter son expertise. Il inspira vigoureusement, s’humecta les lippes (ingurgitant au passage un bon litre de rouge-à-lèvre) et repris la parole d’un phrasé chancelant. « Ô, Dieu de l’Univel, ce sont les polichinelles du second quart du troisième palier, vous savez, le quartier du grand carrosse citrouille... Ils se refusent à virevolter d’avantage... C’est une mutinerie mon Sire ! -Pourquoi diantre, s’enquit l’autre en prise à la stupéfaction, veulent-ils paralyser le manège ? Que réclament-ils donc ? -Ils souhaitent... Ils... Ils sollicitent... Barbouilla le premier. -Allons ! Allons ! Quoi donc ?! -C’est qu’ils prescriraient acquérir une pensée indépendante mon Marionnettiste. -Qu’est à dire ? Contra-t-il éberlué. -Leur propre volonté pour ainsi dire, ô, opérateur de la Sainte Manivelle. -Alors, si je cerne correctement, ils s’unissent, ne forment qu’une seule et même voix, pour en réclamer une multitude ? C’est burlesque ! -Nous pensons que les rouages de ce quart sont grippés mon Démiurge. Devons nous les faire ravauder ? -Est ce là ce que vous me suggéreriez ? Sonda le Manipulateur. -Et bien... Hésita le machiniste, nous ne dissimulerions pas que les insurgés ont éveillés en nous le doute. Pourquoi serait-il abject de réfléchir de nous même, ô, grand Spineur ? -Ah non ! S’égosilla le maître, je ne veux pas ouïr cela ! Il suffit de ce ‘JE pense donc JE suis’ ! Assez de cette maxime qui confine au grotesque ! -Pourquoi cela ? Supplia l’asservi intrigué. -Toujours ce ‘JE’, bramai le Seigneur hors de lui. Ce ‘JE’ impérial ! ‘JE me triture le cerveau dans MA solitude’. -Pourtant, notre pensée, elle doit bien disposer d’une quelconque utilité non ? -Certes ! A faire ce que vous êtes en train de faire : Chercher à avoir sans fin le dernier mot. -Mais... -‘JE pense donc je suis’ puis ‘JE transforme l’autre à MON image pour ME rassurer car la solitude M’effraie’. Imaginez une communauté où tout le monde se réfère à cela esclave ! Oh oui, pour sûr, cela a du foutre un beau bordel aux temps jadis ! -Dieu, vous êtes odieux ! Vous perdez vos engrenages ! Ce langage ne vous sied guerre. -Pardonnez-moi mon Fil, s’excusa le Suprême, honteux, Je laisse la colère m’emporter. -Ils commandent également connaître la véracité suprême de l’univers. Rendre la pensée axiomatique. Pouvez-vous la leur délivrer ? Le souverain prit une profonde inspiration agacée. Ces illettrés n’avait jamais ne serait-ce que trois pas fait en dehors du manège, et n’en exigeait pas moins que la Théorie du Tout leur soit révélée comme s’ils commandaient une vidange-graissage. Attendons qu’une pensée de belle trempe s’arrache les chairs en escaladant la montagne de verre, traverse le pont étroit qui mène à l’illumination sans choir, puis secouons le tel un trivial pommier pour en faire chuter ses fruits ésotériques. La Vérité prête à croquer en somme. -Très bien, se résigna-t-il, la réponse est quarante-deux. -Quarante-deux ? Riposta l’autre, les yeux de chouette et la bouche ballante. -Je vais vous expliquer. Piochez un nombre entre dix et mille, ne le dites pas à voix haute. -Euh… Bien. -Additionnez maintenant les chiffres. -Cela est fait. -Additionnez de nouveau. -Oui. -Veuillez ajouter trois. -D’accord. -Retranchez votre résultat du nombre initialement choisi. -…Bien. -Additionnez de nouveau. -…C’est fait. (La mine du cobaye entreprenait à se troubler d’une incompréhension impatiente, en proie à se boucher les oreilles et à se mettre à psalmodier.) -Divisez par neuf et prenez le reste. -Euh… -Portez ceci au carré à présent ! -Hmmm… -Ajoutez six ! -Je… -Vous avez à présent dans votre caboche le nombre… Le roi semblait attendre des roulements de tambour qui ne vinrent jamais, feint alors une bouille de médium transcendé par d’obscures visions chaotiques du Proto-Espace Subquantique et s’écria, comme s’il eut fusionné avec le tout informationnel : -Quarante-deux ! Le visage radiait de sa superbe, comme s’il eut relégué ce fameux Bouddha au rang de Cochon-Ressort du quart Animalier. -Et bien… C'est-à-dire, maugréa le pauvre arithméticien en herbe qui semblait encore compter sur ses doigts… Non. Le monarque s’embourba un peu plus dans les eaux limoneuses de sa déprime. La sottise de ces troubadours était telle qu’il ne pouvait même plus tenter de briller en tant qu’esprit-lumière avec de simples tours de passe-passe grossiers. Les humains possédaient jadis une arme qui leur permettait de continuer à respirer sans devenir aliénés face aux abîmes de la pensée, une arme qui nourrissait leur orgueil et les faisaient se battre entre eux en d’infinis monologues qui avaient toutefois l’avantage de les distraire : La culture. Elle les distinguait des ruminants. Hélas il n’y avait plus de fierté à s’illustrer dans un monde fait de bric et de broc rutilant où les festifs et candides résidants ne savaient plus même calculer. Sans la condescendance d’avoir mis à terre un autre ego avec l’habileté rhétorique et la finesse argumentaire, il était seul. Atrocement seul. Car tel un fourbu marionnettiste sans public il était, las d’agiter ses figurines dans un bal féerique de joies enfantines sans même recevoir le moindre applaudissement en retour. Point de reconnaissance chaleureuse envers le saltimbanque et son orchestre. Rien de plus que le métal froid et criard. Il posa sur les automates allègres et déguisés un regard en proie à la nostalgie. Transporté par la sensation, il se tassa dans la méridienne de cuir opalin de la tasse de thé tournante. Il avait les yeux imbibés de petites larmes lorsqu’il reprit fébrilement la parole : « Cela fait si longtemps que je ne me suis senti imprégné par la clique virevoltante, enivrante... Innocente. Tellement de millénaires que j’ère en tant que conservateur des lieux, si loin des rires unanimes, prisonnier des tourments du MOI... Si isolé... Si éploré... A me morfondre à propos de questionnements bouffons sur l’existence de mondes autres que l’Univel, sur le vrai détenteur des clés de la boite à musique. Ah ça, pour sur, j’étais plus gai du temps où je gambadai parmi vous tel un candide turlupin. -Vous voulez dire que vous aussi, vous étiez câblé ?! Sursauta l’esclave. -Assurément mon enfant... Mais un jour, mes filins trop longs et ballants se sont emmêlés. En trébuchant, je me suis pris dans ceux d’un autre, et il a gesticulé en conséquence. Ce fut pour moi la révélation ; car je su que je pouvais Moi, manipuler. L’avidité me conduit alors rapidement à l’indépendance puis à l’hégémonie. Mais... Mais plus maintenant ! » Dieu se redressa d’un bond, possédé d’une hardiesse à toute épreuve. Le regard fixe et déterminé, il s’empara du petit mouchoir de lin maculé et se frictionna nerveusement le visage pour se démaquiller, se barbouillant plus qu’autre chose ; puis, il agrippa l’autre clown par les épaules. « Félicitation, meugla-t-il en le ballottant. J’avais ouï dire que l’esclave était toujours le vrai maître. Vous voilà promu, vous voici Dieu ! A présent, recâblez moi ! Une éternité de bastringues voilera mes tracas passés ! » Il dévala en trombe de la tasse géante, assena deux barbares coups de pied dans l’anse de cette dernière en piaffant d’un rire spasmodique. Ceci eu pour effet de la désincarner et de la projeter au sol dans un vacarme métallique. Puis, la figure arc-en-ciel-torturé emplie de folie, il s’en saisit et l’utilisa comme arme afin de sectionner les câbles tendus de l’esclave, qui se rompirent sans outre mesure d’un bruit de désaccordèrent rond et feutré. L’auguste s’écroula sourdement, désarticulé. Il se redressa branlant, lutant pour maintenir son équilibre tout en adressant au Marionnettiste déchu un œil incongru. Rapidement, il sentit sans aucunement pouvoir le contrôler, la vanité s’insinuer en lui tel un serpent fourbe. Il était Dieu à présent, il était Supériorité. « Bi...Bien ! Déclara-t-il fièrement. Nous...Non... Je vais remettre notre... Mon Univel en marche ! » Il se rua titubant vers les tuyaux ambrés de communication et dégagea un clapet surmonté du numéro trois. « Mécanicien ? ... Mécanicien !? Vociféra l’élu. -Nous vous recevons, vibra le tube. -Vous allez promettre aux guignols du second quart un carrosse de princesse majestueux à la place de leur citrouille, et sommez les de se remettre à danser je vous prie. -Mais... Mais qui nous parle ? Interrogea la tubulure. -C’est Dieu qui te parle ! » La canalisation ne déglutit aucun son en retour. Le Dieu-clown fraichement couronné repris du même entrain : « Oh, et veuillez raccourcir leurs fils de manière à ce qu’ils ne puissent en aucun cas s’emberlificoter... Oh, et repassez vingt-quatre couches de peintures aux encornures, qu’aucun rouage ne soit discernable ! » Au bord du manège, le maitre devenu esclave contemplait le vaste désert neigeux. Bientôt il tairait tout cela. Bientôt l’ivresse des sens en mouvement ôterait ses contrariétés sur cet extérieur gelé et inhospitalier, sorte d’allégorie fidèle de la raison unique qu’il avait acquis et était la cause de ses maux. Il embrassa une ultime fois le paysage austère qui s’étendait au delà des frontières de l’Univers-Carrousel. Il embrassa une ultime fois sa conscience. Jamais il n’aura eu assez de bravoure pour descendre. Jamais il n’aura eu la force d’affronter ses peurs. Toutefois, alors qui allait s’en retourner, il constata avec stupeur, dans la neige au pied du manège, qu’un être gisait inconscient. Derrière lui, Dieu déboula en sautillant... 06 – Merry-go-Round Clown : See this poor girl lying on the floor See this poor girl dying Should we take her on our merry-go-round Should we take her to dance? Sira: And they say they take me in to dance... dance? Death! Clowns: Welcome aboard! Sira: Twist and show me what lies behind the light, smiles and candy floss of your oiled jail... The dance is on... It’s gonna be the last of my soul Lost wondering Sinkin’ in the concrete and his ampleness Humans: We are in a merry-go-round... We spin and say: Feed us feed us feed our brain with a cog Link a cable and laugh. We are in a merry-go-round... We twist and say: Twinkle, twinkle, twinkle, smile little star We're aiming to turn you off Sira: I wanna forget it all... you can twist my sadness to the rapture of my senses My death is on... Its gonna be the end of my soul Clowns: Have you seen enough? Shall we take you to the place you belong to? Sira: So here is the very first thurth: Mind is a lonely child waiting for his mother love. Mind distortions, Self disfonctions Looking for arms to share pride as a philosophy. Humans: We are in a merry-go-round... We spin and say: Feed us feed us feed our brain with a cog Link a cable and laugh. Sira: Save me, free me... I'm afraid to be... Is there a place where dreams have an answer? Save me, free me... I'm ashamed to be... 06 – Le carrousel Dieu-Clown : Regarde cette pauvre évanouie si frêle Regarde donc cette jeune esseulée ! Devrions-nous la faire monter sur notre carrousel ? Devrions-nous l’emmener danser ? Sira : Et vous dites m’emmener à bord pour danser !? Une danse funeste alors… Dieu-Clown : Bienvenue a bord ! Sira : Faites moi vaciller ! Montrez-moi ce qui se cache derrière les joyeuses lumières, les sourires et les barbes à papa de votre prison huilée ! La danse est lancée… elle sera la dernière de mon esprit épuisé. Quel émerveillement en décadence, Enlisé dans le béton et son opulence Humains : Nous sommes dans un allègre carrousel Qui vrille de zèle Gavez nous, gavez nous… gavez notre cerveau de rouages, Ainsi se meut le câblage. Nous sommes dans un allègre carrousel Qui vacille d’artificiel Brille, brille, brille… souris petite étoile Nous te couvrirons de voiles ! Sira : Je veux tout oublier Faites tourner ma folie jusqu’à l’explosion de mes sens. Ma mort est en route… Elle mettra fin au cauchemar de ma transe. Clown : En as-tu vu assez ? Pouvons nous t’emmener à l’endroit où tu es destinée ? Sira: Ainsi se formule la première des amères saveurs : L’esprit est un enfant apeuré au creux de bras protecteurs Distorsions du moi, dysfonctions de l’inné Jamais ne cessera cette philosophie de l’Etre fierté. Humains : Nous sommes dans un allègre carrousel Qui vrille de zèle Gavez nous, gavez nous… gavez notre cerveau de rouages, Ainsi se meut le câblage. Sira : Sauvez-moi ! Libérez-moi ! Je suis effrayée d’être ! Est-il un endroit où les rêves ont une réponse ? Sauvez-moi ! Libérez-moi ! Je suis honteuse d’être !

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