Planck's Wall (instr.)Album artwork#12 this week

Album For all the Dreamers vom Künstler Child of fantasia

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Liedtexte

09 – Planck’s Wall / Le mur de Planck Le Noir, si profond, si froid. Le Noir, si mat, si effrayant. A perte de vue… L’obscurité la plus totale. La fillette se tenait au cœur de cet infini sans haut ni bas, la tête entre ses deux mains fragiles. La peur la plus tenaillante, le vide le plus irrévocable. Le monde n’était plus, les sens abolis. Elle tendit les bras en avant et essaya de progresser sur un sol intangible. Rien. La sueur prit naissance sur son petit front d’enfant et se mit à perler abondamment. Sa respiration se fit plus brusque et résonna en son crâne en trésaillures. Le son ne semblait pas se propager en ce néant et se répercutait en son cerveau, tel un message perdu de retour à son destinataire. Elle tituba sans repères et tâtonna afin de sentir un quelconque appui, une surface invisible qui permettrait à son esprit de reprendre sa conception de l’espace. Mais rien. Juste la certitude de la frayeur qui s’emparait de sa prison de chair, privée de la perception d’une réalité. Restait-il quatre dimensions ? Aucune ? Ses sensations d’équilibres commencèrent à disparaître. Etait-elle debout ? Allongée sur le sol ? Aucune gravité, ni la moindre petite impression de poids. Elle était terrorisée et se mit à respirer de plus en plus gravement. Son corps perdit l’équilibre inexistant… Elle fit un mouvement futile pour tenter de se rattraper sur un mur absent. Elle plongea. Du moins le sentit-elle. Une force insoutenable de chute lui saisit le ventre et les tripes et lui permit à peine de rester consciente. Elle hurla à pleins poumons et l’horrible cri ne fit vriller que son âme tourmentée. Pourtant, pas un souffle de vent sur sa peau. Juste ce sentiment implacable de chuter au creux d’un abîme sans fond. Rien. Juste la pureté parfaite de la terreur. La véritable terreur : La vision du néant. L’endroit d’où la vie s’était insurgée un jour, s’était libérée de son emprise et avait émergée. L’endroit d’où elle tentait depuis de s’enfuir, telle une luciole affolée. Et également, sadiquement, l’endroit où toute création devait revenir un jour. Sira paniqua complètement et s’égosilla à en perdre la raison, tout du moins le peu qui lui en restait. Elle secoua la tête comme une écervelée et ses mouvements devinrent anarchiques. Puis, une voix, douce mais sarcastique, vibra en elle et crispa tous ses membres de la certitude la plus glaciale : Sa propre voix. « Cette bête tapie en moi… N’est pas de la ridicule conception humaine de l’animal sans cervelle. Non. Cette bête tapie en moi… Est la résultante de l’avenir de la création : Le retour au néant. Le Chaos. Elle… Ne fait qu’exprimer la voie qu’a choisie la vie : La survie par la destruction. Elle… Est l’avenir de l’être intelligent : La bête. » Sira ne comprenait aucun langage, ne savait ni lire ni écrire. Pourtant, ses propres paroles furent transcendantes et touchèrent chaque cellule en elle, chaque mémoire originelle qu’elle portait inconsciemment. « Cette obscurité infinie… Est ma demeure. Car qui saisit le néant, se joue du tout. Je ferais de ce noir parfait, ma raison, ma folie. Car qui n’est point fou ne peut pas même effleurer l’axiome, la vérité. » La jeune enfant repris ses hurlements de plus belle. Ce n’était pas elle qui parlait ! Ce n’était pas elle qui parlait ! Impossible… Qui était donc cet usurpateur qui s’immisçait en son esprit pour s’y installer ? « A présent, je n’ai qu’à attendre… Attendre l’éveil… La bête tapie en moi… » Elle ne sut jamais combien de temps elle passa là, dans l’abîme, en dehors du cône de lumière. Dix années ? Un millier ? Elle ressentit la mort, expérimenta la fin des temps. Le noir s’insinua en elle, l’enveloppa de son drap protecteur. Elle le prit pour vêtement, réconciliant son âme avec son origine. Son regard devint tel cet endroit : Vide et transcendant. *** Le Blanc, si pur, si tranchant. Le Blanc, si vif, si immaculé. A perte de vue… La lumière la plus totale. Elle entrouvrit les yeux et ne perçut que ce blanc. Elle regardait calmement la neige paresseuse tomber des nuages pacifiques. Elle inspira et pu ressentir l’air la pénétrer et emplir ses poumons suffocants. La vie revenait tranquillement elle, la réalité se dessina de nouveau. Alors, la vision se fit plus nette et elle vu l’étrange loup assis sereinement. Celui-ci la contemplait de son regard perçant. De lui émanait des millions de voix qui se répercutaient avec la brise agonisante.

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