Speaker for the DeadAlbum artwork#12 this week

Album For all the Dreamers vom Künstler Child of fantasia

über diesen Track

Liedtexte

10 – Speaker for the Dead Sira / The beast : He’s the wolf and I’m the maid ‘lone I’m Wicked Eat the flesh of your new bread Speaker for the dead 10 – Le porte-parole des morts Sira / La bête : Il est le loup et je suis la fillette Seule je suis incolore Dévore la chair de ta sujette Porte-parole des morts Testaments du vent brisé : « L’antrocosmologie, j’ai lu ça dans un bouquin. C’est une théorie qui dit que l’univers est participatoire : il est façonné par les habitants qui l’observent et l’expliquent. Il se comporte lui-même comme un objet non défini et accède à la spécificité uniquement par un processus d’interrogation similaire. Même si ça peut te paraitre irrationnel, j’adore cette théorie parce qu’elle nécessite une participation. Qu'est-ce qui se passerait si la pensée humaine se dégradait et se détournait de sa mission ? Imaginer, comprendre… ? Qu'est-ce qui se passerait si on en avait tous plus rien à foutre ? Regarde nos jolies villes : la volonté n’existe plus, le nombrilisme façonné par la culture de la propriété fout tout par terre. Les gens s’isolent ou se terrent dans des clans ou on attaque autrui par caricatures interposées. Je veux être là quand on aura tous baissé les bras, qu’on se cachera tous dans l’amour protecteur et égoïste parcequ’on a trop peur d’affronter le céleste, quand on aura épuisé tout ce qu’on pouvait utiliser pour remplir nos maisons d’agréables passe-temps. Je veux être là quand on pensera qu’on peut tout acheter avec nos jolis jeux de chiffres, même notre créativité. Je veux être là quand plus personne n’aura les yeux rivés sur les étoiles et qu’aucun ne façonnera notre existence commune. Je veux être là quand les cieux s’éteindront… On restera comme des cons, à tourner dans notre manège… » [...] « C’est arrivé ce matin, y’a enfin un type qui a réussi à numériser son cerveau, son réseau synaptique et neuronal et à en intégrer une copie sur un serveur électronique. Sérieux c’est dément ! Tu imagines les possibilités d’avenir ? Les perspectives ? Ce mec vient juste de vaincre la mort ! Dans quelques siècles, tout le monde aura les moyens de le faire, et la terre ne sera plus qu’un triste mouroir, un berceau pour Humains. On pourra faire plus que coloniser un univers en se trimbalant dans des vaisseaux stellaires de clichés ridicules : on pourra coloniser nos propres mondes, les créer pièce par pièce. On fera ce qu’on veut des lois restrictives de la physique. On sera enfin libres ! Aujourd’hui, c’est le plus grand jour pour l’être humain car il passe à un état supérieur : il est vraiment Dieu. Il crée son propre monde. Et tous ces abrutis de pseudophilosophes modernes qui prévoyaient la fin des cités, la fin de l’homme à cause de son incapacité à modifier sa perception du bonheur autrement que par la possession ! Les connards de prétentieux ! Aujourd’hui on a défoncé les chaines de notre imaginaire. Viens, faut qu’on arrive à se faire numériser avant que ce vulgaire corps qui dépérit nous abandonne… » [...] « C’est pratique quand t’as les droits d’admin sur un serveur-ville. [...] Humph, c’est comme ces imbéciles qui croient que jouer à Dieu ça l’fait pas, que le retour de bâton sera incontrôlable, tout ça… Les débiles. On fera que t’effacer en fait tu percutes ? Un clic de souris et tu te retrouve réécrit en une suite de zéro et de un aléatoire. Et paf, la vie éternelle. Le monde n’a pour limite que ton imagination. » [...] « Quelque chose ne va pas. Je veux partir d’ici. J’ouvre les yeux et je suis certaine de ne plus être moi-même… Comme un arrière-goût amer et aigre qui enlace le corps. Affolée, le souvenir éclate et disperse ce qu’il me reste d'esprit sain : J’ai stocké mon âme sur disque dur et me suis insérée dans un environnement virtuel. Je m’assoie sur le lit aux couvertures satinées et sens la folie m’envahir. Mon esprit est numérisé, mon monde est texturé, j’ai copié mon âme. Un haut-le-cœur me tord le corps. Non, je suis encore en chair et en os, je suis encore en chair et en os ! Je murmure le mot de passe de l’interface système et l’espoir tenu vole en éclats alors qu’apparaissent sobrement la fenêtre noire et ses icônes au centre de la pièce. Je veux partir d’ici… Ces meubles en acajou, cette literie bourgeoise d’un autre temps, ces vêtements de lin et de soie. Tout ça c’est du virtuel, tout ça, c’est des saletés de textures ! Je serre très fort ma tête au creux de mes mains, je m’effondre au sol. Plus jamais je ne reverrai la Terre. » [...] « Cette bête tapie en moi… N’est pas de la ridicule conception humaine de l’animal sans cervelle. Non. Cette bête tapie en moi… Est la résultante de l’avenir de la création : le retour au néant. Le Chaos. Elle… Ne fait qu’exprimer la voie qu’a choisie la vie : la survie par la destruction. Elle… Est l’avenir de l’être intelligent : la bête. » [...] « Tu sais, il parait que les mondes centraux, Aurora, New Eden et consorts sont de plus en plus désertés. Les hommes ne supportent plus la vie sur des planètes où ils n’ont pas accès à l’administration du système. Des psychologues prévoient même un effet similaire à la seconde loi de la thermodynamique de l’ancien système physique Terre, mais transposée aux esprits. Mais si, tu sais ! Le fait que l’expansion de l’univers entraine irrémédiablement son refroidissement. Les hommes se perdent dans leurs propres conceptions de l’existence. Ils se créent leurs petits royaumes et s’isolent, disparaissent aux yeux des autres. Regarde Kulejevo, notre cité, il ne se passe pas un jour sans que l’on ne souhaite un agréable voyage à l’un de nos habitants. Imagine si tout le monde se fabriquait sa petite création… Comment la vie pourrait-elle avoir la moindre signification ? La vie s’égare, elle se refroidit… J’ai vraiment peur pour notre belle ville, notre utopie… » [...] « Pourquoi je resterai sur ton serveur ? Je peux moi aussi créer mon univers et mes règles de jeu. Vis ta vie, fout moi la paix ! » [...] « Cela fait des milliers d’années que nous n’avons eu de contacts avec les mondes de la bordure extérieure, mais on nous as rapporté qu’un virus système y rompait les liens avec le réseau planétaire global. Nous demeurons un des rares états centraux où la communauté reste soudée et se tient informée sur la myriade de créations qui existent… C'est-à-dire quasiment un monde par être humain référencé. Je veux que l’on identifie ce virus, je ne veux pas que les ponts soient coupés ! » [...] « Cette obscurité infinie… Est ma demeure. Car qui saisit le néant, se joue du tout. Je ferais de ce noir parfait, ma raison, ma folie. Car qui n’est point fou ne peut pas même effleurer la vérité. » [...] ***

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