Quand Rap ne veut pas dire saleté on y trouve deux sous entendu : la saleté du contenu du rap en général, la saleté d'un album mal foutu.
Ici on retrouve Shex dans ses chaussons, un coup de gueule tantôt froid tantôt chaud et toujours sincère.
En écoutant cet album on se rappelle que le Rap est comme toute musique un style et Sx nous rappelle que la musique appartient à tout le monde. En effet, le Rap sert toujours à parler de mac, de "représente", de bang bang. Ici il suit la droite lignée de la pensée de l'auteur : le rap est un style de musique et j'ai le droit de dire des choses non conformistes ; j'ai le droit de pousser ma gueulante et je vous emmerde. Après tout ce n'est jamais que les origines du rap.
Je renouvelle mon adhésion à cette idée, j'étais tenté de mettre 8 pour les raisons que j'expliquerais un peu plus tard mais je met un point de plus en guise de soutient.
Venons en à la musicalité : cet album est du rap, une pointe d'electro de chez LXT par ci par là, quelques accords de soutient qui auraient pu rejoindre la lignée de "hors tendance" s'ils avaient été plus exploité mais ils ne manquent pas pour autant : on parle de RAP.
Une connaissance agréable du français et des paroles restant accessibles au niveau de la musique sur un fond musical qui je pense à mis plus de temps à s'accorder avec la voix qu'à être composé mais on s'en fiche le travail vocal et des paroles emmène l'album sans aucune difficulté.
Au niveau du tracklist, quelques remarques :
- Fil conducteur, une intro normale qui remplit bien son rôle d'introduction, j'ai l'impression d'entendre un stratch de virtual DJ qui fait tâche mais on s'en fiche c'est une intro.
- Nuances de gris : gros plaisir d'entendre les compos de Lxt bien posée ; quelques allusions bien placées et qui font plaisir à entendre.
- Nature morte : un des phares de l'album, une critique somme toute profonde du progressisme technocratique moderne.
- Les traces du passé : Bien sympathique, bien perso et agréable à écouter.
- Faillite au paradis : Le meilleur morceau et celui qui a visiblement posé le plus de problème à ceux à qui je l'ai fait écouter : "de quel droit il se permet de parler de quartier etc. il n'a pas de légitimité pour ça" (je reviendrais à ça après). Il reste vrai que faire l'éloge de la réussite est contraire à l'idéologie de certains dans le rap.
- Tolérance zéro : une caricature au niveau des paroles, mais ce malaise existe tout de même et n'évite personne.
Comme je disais un peu plus haut : certains s'aroggent le droit de faire du rap, de décider ce qu'il doit être et c'est ce que je pense qui est le plus reproché à cet album. Donc pour la question de légitimité je rappelle que le rap n'est toujours qu'une espèce de morale imbriquée et que finalement même NTM c'est toujours : fait pas ci fait pas ça etc. Donc il n'y a pas plus moralisateur que le rap. Le rap étant une musique il reste un outil d'expression. Donc comme tout outil il ne devient que ce qu'on veut qu'il devienne. SX a refusé ce postulat et, c'est frais et du fracas dans le monde du Rap.Son côté underground n'attend clairement qu'une révélation pour faire une "remise à l'heure".