Un vrai bon album de chanson française, où l'on retrouve avec un certain plaisir les cordes en nylon.
Mélodiquement riche, quoi qu'avec des arrangements assez simples, une plume fine et tendre emprunt d'une réelle nostalgie, Bonhomme se livre à travers des chansons inspirées et simplement très jolies.
On pense souvent à Hubert Félix Thiéfaine, rapprochement que l'on perçoit dans les textes, les mélodies instrumentales et vocales, les arrangements assez sombres... ou encore Bernard Lavilliers sur les albums "15è round" et "les Barbares".
Du vent, jolie mélodie assez nostalgique (appuyer par un arrangement guitare / violoncelle / touches electro) qui viens accompagner un texte assez brut (Qu'est-ce qu'on attend pour tout envoyé paître...), et ce décalage donne toute la puissance au morceau.
Manège reste ma préférée... mélodiquement lancinante et froide à la fois. La voix prend ses distances avec la mélodie instrumentale, étant quasi-parlée... je pense à Léo Ferré époque Amour-Anarchie et donc par extention à Thiéfaine dont on connait l'attachement au grand Léo !
Un grand morceau en tout cas, avec un arrangement où rien n'est laissé hasard... (basse très présente, guitare et synthés dans des tonalités très aigues, tout le reste du spectre de fréquences est laissé à la voix (chant et choeur, harmonies d'ailleurs très originales), ce qui en augmente la force. Et une ligne batterie présente mais légèrement étouffée pour rythmer le tout.
L'enfer adoré... très soft l'arrangement, avec une guitare seule et ces nappes electro qui rappellent parfois Air. Un jolie texte en tout cas, et toujours cette dualité lexicale (enfer/adoré)... qui permette cette accroche efficace.
Le réveil... des cordes en nylon, avec seulement un accordéon (?) derrière... Ca me fait penser à Brassens mélodiquement et même vocalement.
Créature. A nouveau une batterie, à nouveau une mélodie assez sombre et qui laisse beaucoup de place à la voix de par cet écart fréquentiel, et le spectre de Thiéfaine là encore... Est-ce le fait qu'une partie des paroles soit en anglais, j'accroche moins dessus. Mais la musique elle, est comme je les aime, noire et plutôt positive à la fois.
Une erreur à suivre. Peut être celle que j'aime le moins, jusqu'ici cette voix parfois limite question justesse donnait un aspect, un grain particulier se détachant à merveille de la musique. Sur ce dernier titre, c'est l'effet inverse, la justesse empèche l'auditeur de rentrer dans la mélodies, elle même moins touchantes émotionnellement.
Globalement un très bon album, sous la houlète d'un artiste lui même attachant(découvert lors de l'émission Radio Libre Attitude)
Bonne continuation.



