Content de voir débouler Boulbar sur Jamendo, l'ayant découvert sur dogmazic, il y a quelques mois déjà...
Ses mélodies simples et fortes à la fois, nous entrainent dans son univers et ce dès la première mesure de la première plage. Les textes sont bien cisellés, sur des sujets universels mais traités ici de manière originale. Et les mélodies accompagnent comme rarement les mots. Les chansons de Boulbar sont un tout et rien n'est laissé au hasard.
De l'amour c'est une ambiance sensuelle et lancinante, dans laquelle on se retrouve tous je pense, en tout cas moi ça me touche. Et cette voix grave et profonde participe à la création de ce climat.
Les bars, est tellement bien vue... une observation millimétrée des pilliers de comptoir retranscrite dans une versification bien carrée sur une rythmique de musique populaire.
Te rappelles-tu, c'est un peu un mix des 2 premiers sujets traités... les femmes, la sensualité et l'ambiance des cafés enfumés... jolie mélodie, mais peut être moins forte émotionnellement que les précédentes.
Nord. Cet orgue me fait penser à Rick Wright aux alentours de 1969 (surtout sur les morceaux pirates de Pink Floyd). Une reflexion sur la fin du bassin minier du nord de la france... Encore superbement écrit, et mélodiquement simple et juste (les balais sur la caisse claire notamment créent cette ambiance qui fait penser à la vie s'arretant).
La pluie... J'aime moins celle là, (trop plein de pluie en Normandie peut être !). L'ambiance, issue des notes de piano en delay et de la disto de guitare par moment, colle encore une fois si bien au texte.
Dans les rames de métro et très gainsbourienne musicalement. D'ailleurs l'album complet fait assez penser à Serge Gainsbourg ou encore à Yves Simon.
Dieu a fait la femme... un sujet et une rythmique plus enjoué que précédemment. On sourit facilement parceque c'est bien vu et bien exprimé... Sympa.
Le mariage... On pense à Delerm ou Benabar. Ca ne me réconciliera pas avec le mariage, à l'Eglise ou ailleurs...
Chanson minimaliste contraste évident avec l'institution mariage, prise de partie évidente de l'auteur du fait de ce choix.
Taxi de nuit est très sombre mélodiquement, bien plus complexe que les autres titres. Les attaques et certaines succession d'accords sont surprenants. Par contre ces attaques, perdent un peu le texte en tout cas j'y fait moins gaffe.
La fille aux yeux gris clairs, peut être ma préférée... Je pense encore à Yves Simon ici. Quel climat là encore, la force d'une mélodie simple et accrocheuse pour porter un texte encore une fois bien écrit.
Le feu. J'ai un sentiment de non finition en écoutant ce titre. Il y a de l'idée, mais il me semble qu'il y a de la place pour un arrangement un peu plus complexe ou d'autres instruments pour appuyer ces attaques de guitare (dont la reverb me parait un peu trop prononcée). Le titre est aussi anti rythmique, jamais la vitesse n'est constante entre 2 mesures...
Pour clore l'album, la chanson de l'aube, est une sorte de Coda du point de vue du texte on reviens au thème de la sensualité des corps... Musicalement, on ne peut plus facile. Disons que comme une ghost track ça passe tout seul, mais pour un morceau à part entière c'est un peu léger.
Voilà. Pour conclure, un bon album de chanson française atmosphérique, bien écrit et basé sur un tandem guitare-orgue, agrémenté ça est là de cuivres ou de percussions.
Merci et bonne continuation (un nouvel album ?) ;)