Oui, certes, l'ombre lumineuse d'Oldfield plane toujours dans cet album, mais cette fois son influence se mélange avec d'autres éléments plus ou moins reconnaissables qui tendent à donner à l'ensemble quelque chose d'inhabituelle et parfois surprenant, comme un coup de vent frais en plein été. C'est rafraichissant quoi.
Les deux premiers morceaux sont à cet égard les plus "oldfieldiens" dans leur structure et progression (et les sonorités évidemment); mais c'est surtout vrai pour le premier (stonedruidisme), le second étant plus long et les variations et breaks s'amusent un peu à brouiller les pistes : 10 kilometres de pied, au style parfois "classique contemporain" dans certains breaks. Bonne maitrise de la batterie en tout cas. La guitare n'ont parlons même pas...
Nowhere again est un concentré de bonnes choses : guitare aérienne, mellotron qui donne la chair de poule, piano électrique romantique, basse grondante. Un joli moment de pur romantisme.
Imbas forsnai sonne comme du camel, une rythmique implacable, des soli de guitare enragés et toujours les nappes chaudes de mellotron, et des claviers vivaces.
A trick of the bell commence doucement : arpèges de guitare hackettiens et nappe mellotroniques; oui il y a du genesis période "a trick of the tail" là dedans (même la basse taurus nous le dit). Puis le glockenspiel et la flûte font leur apparition et ajoutent un côté plus champetre à la musique qui n'est pas pour déplaire.
Ensuite vient melting point qui du haut de ses 13 minutes et quelques est comme un récapitulatif de tout ce qui précède, avec en plus une rythmique qui se durcie parfois, du wah wah et de l'orgue : les variations et cassures sont très bien maitrisées ce qui donne à l'ensemble du morceau une très bonne cohérence;et le retour triomphant de notre ami vieuchamps :)
Du très bon Trust no one qui réussit même à transcender sa principale influence pour nous offrir une musique inventive et belle, aux sonorités riches et variées, inquiètes ou rêveuses.
Merci pour le partage ;)