On pourrait classer la musique de KPHB dans le répertoire ambiant après l'avoir écoutée très distraitement. Ce serait une énorme erreur. Captée par des compositions minimalistes sans être pour autant simplistes, une poésie toute particulière émane de ces petites pièces, raffinées et jamais répétitives. Si je devais citer un équivalent littéraire, le nom qui me viendrait à l'esprit serait celui d'Emile Verhaeren. J'y retrouve ce lyrisme sombre et cruel chantant la démesure de l'univers aussi bien que la perte inexorable de l'homme. Les espaces sont démesurés, presque inhabités et un crépuscule figé stagne sur des étendues mornes parfois traversés de visions fantastiques.