Intéressante sensation qui vient à l’écoute de ces « Larmes De Sirius » : l’impression d’avoir enfin entre les oreilles un album tant attendu, et répondant pleinement à nos attentes. Qurtis, comme pour se faire pardonner d’avoir repoussé la sortie de la galette aux calendes grecques et même aux calandres romaines (ne nous privons pas d’un jeu de mot foireux), nous en donne pour notre argent à chaque chanson. D’autant que c’est gratuit.
« Les Larmes De Sirius », c’est un peu comme ces albums des années 70, avec 5 pièces très distinctes en face A et une longue en face B.
Références et clins d’œil à profusion (ah les Rencontres du 3ème Type), rien n’est laissé au hasard. Chaque pièce est visiblement ciselée et a dû être pensée et repensée et refaite jusqu’à plus soif.
Il ne reste pas grand-chose du précédent opus « Quiet », si ce n’est un petit beat electro dans le cinématographique « Mondwest » et une qualité générale assez bluffante.
Les instruments ont été tellement travaillés que les voix détonnent quand elles apparaissent, surtout dans « Mondwest ». Elles auraient à mon avis mérité un peu plus d’effets. Elles sont trop proches, un peu comme un branquignole qui enregistre sa voix au-dessus d’un enregistrement pro et met ça sur Youtube pour épater sa voisine qui de toutes façons n’en a rien à foutre parce qu’elle est déjà fan d’Awaken et que sa grand-mère ne jure que par Sousbock. Dommage, car le duo de « L’Arène des Fous » est plutôt bien torché, les deux voix se complètent bien et la mélodie vocale est très réussie.
Le ton général est intemporel et finalement, on n’a pas tellement l’impression de laboratoire, tant les expérimentations sont ici au service de la musique plus que pour frimer. Belle maîtrise.
Juste une question : mais pourquoi dès qu’un artiste se lance dans la musique instrumentale, il se sent obligé d’être inspiré par Mike Oldfield ? On a déjà assez avec le vrai et ses 524.210 « Tubular Bells », alors parfois j’aimerais que vous plagiiez d’autres musiciens que ce quelque peu surestimé Vieux Champ… (là j’attends les coups de bâton ou les appels à la démission par le PS).
En conclusion, s’il y a un équivalent au terme « beau livre » pour les disques, on pourrait sans trop hésiter l’employer pour qualifier le nouveau Qurtis.