Le rock psychédélique, et son plus fidèle descendant le rock expérimental, auront souvent été de bons prétextes pour donner de la valeur au vide ou à l'anarchie la plus totale. La seconde piste, que le Religionnaire ose espérer improvisée en est un bon exemple. On y retrouve des leads indianisants sans fin mêlés à des phases expérimentales rappelant le pires des improvisations crimsonniennes de la période 1973-1975. Le tout, à l'image du mouvement psychédélique dans son ensemble, parait mener nulle part, et ne mène effectivement pas bien loin malgré une agréable apparition vocale féminine que l'on croirait issue d'une énième scène trip hop. Quel délicieux anachronisme tout de même. Il peut être dit la même chose de son copié collé nommé « Opium ».
Le groupe devient beaucoup plus intéressant quand il structure un minimum ses mélodies, ses rythmes et donc ses morceaux. Le Religionnaire retiendra surtout le très bon jazzy médiéval « Eden », tandis que son prolongement logique « Kruk » dépasse malheureusement les limites de Canterbury pour flirter avec un hermétisme pénible de type free.
Vive la scène progressive polonaise sur Antenne Religionnaire !