First Shot, comme son nom l'indique fort bien, est la première salve tirée par Nax, tête pensante du one-man-project Maschina. Influencées entre autres par Oomph! et Rammstein, les compositions de Nax, pour le moment exclusivement instrumentales, mêlent une froideur toute industrielle à des rythmiques hachées tour à tour entrainantes et mélancoliques.
Tout commence par Enter in the Game, intro sinistre qui annonce la couleur d'entrée de jeu: amis du glauque, réjouissez-vous, car Maschina n'est pas là pour rigoler ! Nous enchaînons alors avec Imperial, machine à headbanger dont les dernières secondes sont de véritables instants de folie furieuse, et Last Hour, dépressif en diable et qui vous donnera envie de fumer une dernière clope sur les vestiges de l'humanité. Nous retrouvons aussi un certain gout d'apocalypse sur Walk of the Dead, dont le mid-tempo évoque quand à lui une déferlente de morts-vivants (ce titre n'ayant évidemment pas été choisi par hasard) avec toute la noirceur et frénésie que cela implique.
Ensuite arrive Aura, véritable perle mélancolique où subsiste néanmoins une petite dose d'espoir pour un auditoire qui a ce stade en a bien besoin. Profitez-en, ça ne durera pas.
Fire At Will déboule et met les pieds dans le plat après une minuscule intro qui ne laisse en rien deviner ce qui va suivre: synthé qui se barre dans les aigus et redescend brusquement, guitare lourde annonciatrice d'un chaos imminent... l'apocalypse is now.
Le poignant et intense Filthy Life tranche radicalement avec ce qui précède. Ce morceau d'une tristesse indéfinissable m'évoque (à titre strictement personnel) le deuil sous un jour cinématographique. Impossible à l'écoute de Filthy Life de ne pas visualiser une scène de mort déchirente d'un quelconque film fantastique ou d'aventure. Dans la même veine cinématographique, Climax lorgne plutôt du côté du combat final, la scène où tous les enjeux sont enfin résolus – non sans se prendre quelques coups sur le coin de la gueule au passage.
Créer une ambiance bien spécifique est un point fort de Nax, et nous passerons rapidement sur Are You Able To Forsake Me ? (titre somme toute assez traditionnel) pour nous concentrer sur Pro-Sadness et The Shores of Hell.
La première, ride ténébreux aux accents gothiques, est portée par un piano sombre et mélancolique. 3 petites minutes de bonheur (!!!). The Shores of Hell nous embarque par contre dans un voyage rien moins qu'amical... Les rivages de l'enfer sont atteints et Nax est bien décidé à nous en faire la visite grâce à sa musique, un pandemonium tribal aux envolées impériales traduisant à merveille la menace sourde et mythologique de l'endroit sus-cité.
Burn et Bounty Hunter sortent l'artillerie lourde et vont à toute berzingue, laissant les rivages de l'enfer loin derrière nous pour nous plonger à corps perdu dans une bataille sans merci. Pas le temps de souffler jusqu'à Nothing Going On, titre mid-tempo plutôt reposant compte tenu de ce qui précède. Mené principalement par un synthé plus positif qu'à l'accoutumée, Nothing Going On est une bouffée d'air frais, ce qui est loin d'être le cas de Die Alone, morceau très sombre dont le clavier psychotique rappeler aux fans de Oomph! les grands moments de l'album Wunschkind.
Arrive alors Mr Gunter et son riff assassin. Mastodonte de l'album aux rythmes lourds et menaçants, M Gunter rappelle un peu Climax dans son ambiance ciné. Il a de gros souliers Mr Gunter, et il semble bien décidé à tout piétiner sur son passage.
L'album se clôt sur les 58 secondes de Prepare for the End, morceau atmosphérique dans la même veine que l'intro.
Pour une première démo, tout ceci est encourageant. Le tout reste de faire abstraction d'un son franchement pourri (n'ayons pas peur des mots) qui rappelle plus une instrumentation de jeux-video qu'autre chose – ce qui honnêtement n'est pas trop difficile vu la qualité des compositions. Il ne reste plus à Nax qu'à se procurer le matériel qui lui fait tant défaut (ce qui ne saurait d'ailleurs tarder, mais chut, le répétez pas) pour enfin rentrer dans la cour des grands.