1 - Ce coeur qui bat
Probablement le morceau le plus sousbockement correct, dans la lignée des albums précédents, mais plus épuré, plus naturel, plus sur l’émotion tranquille que forcée. 14 minutes qui passent comme une lettre à la poste (pour les jeunes, la poste c’était des emails en papier, si on veut). Les chœurs sont particulièrement réussis et la retenue dans le chant de Seb évite le sujet (ambigu) de devenir larmoyant.
2 - La tête en avant
« Deux adolescents dans leur garage », oui, c’est ça, c’est un peu le Sousbock de 99 en répète, quand ils faisaient claquer les distos, sauf qu’ici, avec l’expérience, c’est devenu classe. Aurélien réussit à faire quelque chose d’intéressant tout en restant simple. Chouette basse sauvage et guitares sous caféine concentrée.
3 - Gouttes de pluie
-Allô Wolfgang, ici Salieri.
-Kestuveux me faire chier ducon ?
-Ben c’est rapport à la commande que je t’ai faite.
-Ouais ouais t’inquiète pô, tu l’auras ton opéra. Laisse-moi un peu finir d’honorer ma Constance vu qu’j’étais à deux doigts d’lâcher les colombes et que tu m’fais sonner l’portable au mauvais moment si tu vois c’qu’j’veux dire…
-Tes tribulations libidineuses m’indiffèrent, cher Amadeus. La raison de mon appel c’est que j’aimerais que tu t’occupes de mon opéra avant d’écrire des chansons pour les autres !
-Pour les autres ? Mais je n’ai écrit pour personne depuis que j’me casse les burnes à écrire ta messe d’opéra d’mes deux !
-Ah vraiment ? Et « Gouttes De Pluie » sur le dernier Sousbock, c’est pas toi peut-être ??!!
-Hein ? Sousbock, le groupe du psychotique qui veut qu’on écrive son nom avec un petit ‘b’ ? Tu rigoles ou quoi !
-Est-ce que j’ai une tête à rigoler ? On reconnaît ta patte, ton génie, ton sens de l’Absolu Musical, ton Magnétisme, ton…
-Arrête ton char, je te dis que ce n’est pas moi. Bon je te laisse, j’ai encore une descendance à assurer moi, c’est que j’vais pas vivre jusqu’à 110 ans, moi, je vais pas encore faire des chiares à 65 ans comme l’autre, là, Phil Collins, déjà que j’suis plus aussi dur qu’avant, ah j’regrette le bon vieux temps où j’pouvais soulever l’orgue de la cathédrale de Salzburg rien qu’en pensant à Constance, ah j’te dis pas, même que le curé il était pas content vu qu’après l’orgue eh bien y avait une drôle d’odeur et que la femme de ménage elle devenait toute chose quand elle nettoyait et que…
-OK, OK, ça va, épargne-moi ce genre de détails !
-Allez ciao vieux !
Mozart raccroche. Salieri rumine :
-Je l’aurai, un jour, je l’aurai ! Je suis sûr que « Gouttes De Pluie » c’est la compo de Mozart… Raindrops keep falling on my head…
4 - Horloge interne
C’est ici que l’idée de demander à des compositeurs d’univers différents prend tout son sens : jamais Sousbock n’aurait proposé d’explorer un genre plus AOR si Nico ne s’était amené avec cette musique qui fleure bon le rock west-coast, je pense. En effet, les autres chansons, même si fort différentes du Sousbock habituel, ont toutes un petit quelque chose de sousbockable de par leurs influences. Mais « Horloge Interne » est vraiment celle qui pousse Seb à aller vers un peu plus de négritude, vers des horizons teintés de soul aux yeux bleus, de jazz-rock…
De plus le fait de pousser sa voix un peu plus fort que d’habitude est réjouissant à entendre. Encore quelques une comme ça et les Porcaro pourront tous prendre leur retraite et faire de bons barbecues, oui euh enfin, on se comprend. :D
5 - Lune noire
Ambiance magnifiquement pesante, classy, goûteuse. La tension est à son comble quand les badaboum de batterie apportent un peu de relâchement, avant de reprendre de plus belle cette pression presque douloureuse. Magnifique.
6 - Halo
Tiens Rick Wright fait ses gammes. C’est simple, joyeux, guilleret, basé sur le joli piano du restaurant A l’Auberge de José de Midrone, frais comme un apéro en début de soirée de printemps, sympathique comme un instru de Sousbock –et comme justement c’en est un, on ne va pas se plaindre.
7 - En sursis
Ze mélodie, signée José de Midrone. Quand on sait que ce gars compte parmi ses influences les Bee Gees aussi bien que Tony Banks, le mélange catchy et alambiqué n'est pas étonnant. Le piano est simple comme celui de Maurice Gibb, la compo ambitieuse comme un certain Tony B, la batterie super et les soli brillants. Que demander de plus ? Un thème intéressant ? Ben oui, il y en a un en bonus ! Du tout bon...
8 - Rechute
Ian Curtis, reviens ! Les Sousbocks sont devenus fous ! Au temps du lycée, vous est-il arrivé de trouver les dimanches atrocement glauques ? Avez-vous déjà vu un film de Claude Lelouch un dimanche midi pluvieux et, en sortant, de vous demander si la vie valait la peine d’être vécue, alors qu’aucune raison ne vous prédestinait à cette déprime, certes courte, mais suffisante pour qu’on puisse considérer Claude Lelouch comme ennemi public numéro 1 pendant quelques heures ? « Rechute » me donne cette impression. Le texte est assez ambigu pour laisser à chacun le soin d’y voir la rechute qu’on veut, mais les parfums d’hôpitaux, les visages décomposés, les noms barbares des drogues de chimiothérapie et les pleurs des familles sont les premières impressions qui me sont venues à l’esprit.
Mais même si cette chanson pue le crabe-aux-pinces-de-vincristine, elle est superbement à sa place sur l’album, et superbe tout court. Les guitares de monsieur Qurtis alias Korama alias JP alias Polarsun alias FanDePrince ont ce côté ‘expression au-delà de la guitare’, qui vient vriller l’esprit de l’auditeur qui croyait que Sousbock était le Goldman du pauvre ou le Transatlantic du riche. A ne jamais passer en musique de fond chez France-Télécom !
La chanson cachée : cool le clin d’œil. C’est « Amnesia » #546 mais ça marche toujours.
Pochette : Très belle, c’est là qu’on regrette encore plus de ne pas en avoir une version 33t vinyle.
Album : « Lune & l’Autre » est un peu à Sousbock ce que « Purpendicular » est à Deep Purple ou « The Elder » à Kiss: l’album où tout ce qu’on n’aurait jamais osé imaginer apparaît enfin. Seb va encore râler et dire que j’aime tant cet album parce qu’il n’y a pas fait grand-chose, mais même pas. Ce que je trouve si bien n’est pas tant la qualité des compos (pourtant bien présente) que la diversité des ambiances dont Sousbock peut enfin profiter.
Je ne sais pas à quoi ressemblent les autres compos qui n’ont pas pu être retenues pour l’album, mais celles qui y figurent sont remarquablement bien choisies. Et interprétées avec soin, enthousiasme, bref : un album riche et inattendu.
Beautiful love sonnets - to break or melt your heart. Outstanding plaints to share with the world - longings from the heart of peace, hope, joy, fear, sadness, loneliness. Longings of the heart. Poetry set to beautiful rock, jazz, guitar; music sung to us by a warm gentle male vocal, heartfelt and from the soul.
Longings of the heart - floating on a warm gentle sea, rocking us in the boat of hope with a moon overhead to guide us. This is one outstanding album (The Moon and the Other One) with a classy album cover and a purely delightful listen. So listen.