Incontournable !
Report this review (spam, insults, etc.)Van Syla • 2011-05-15 12:22:05
#12 this weekMiralh Sound
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Le second album de Shamatronic, Mirhal Sound a été crée de octobre 2010 à mai 2011. Il a été enregistré dans l’étrange cabinet de Cire de Sacub à Montesquieu-Volvestre.
La pochette est une photo d’un tableau à l’aérographie trônant sur la cheminée de la vieille demeure des de Sacub. Peinte, ou du moins soufflée par Sébastien Bermès artiste peintre toulousain ; vous pouvez retrouver ses œuvres sur son site Le déambulatoire à cette adresse : http://bermes.free.fr/deambulatoire2/
Toutes les musiques sont composées et interprétées par Olivier. Toutes les voix et quelques bruitages sont composés et interprétés par Cire de Sacub.
L’album est publié en musique libre sous licence Créative Commons.
Le titre, comme le premier opus, renvoie aux deux principales langues utilisées sur cet album : l’anglais et l’occitan.Miralh en occitan est le miroir, cet album traite de ces sons miroirs qui nous renvoient à des souvenirs conscients et inconscients, à notre essence profonde trop souvent oubliée. De nombreux morceaux de cet album voient leurs vibrations sonores rebondir, tantôt sur l’eau, tantôt contre les parois d’un gouffre insondable ; comme si cet écho tentait de faire tendre vers l’infini un phénomène physique si fugace et immatérielle qu’est le son. Pourtant ces vibrations fragiles, intangibles, sont à la source même de l’origine et de l’identité du vivant. Certains scientifiques pensent même que le monde est une vibration permanente imperceptible (théorie dite « des cordes ») et le condensat de Bose-Einstein est une preuve scientifique du caractère vibratoire de la matière. L’union entre la relativité générale et la physique quantique est le Graal de la science contemporaine et Mirhal Sound se fait l’écho à sa manière de cette quête scientifique et spirituelle. Son miroir, note de couleur, onde de forme... Le sens auditif et la vue sont invoqués dans le titre de Mirhal Sound. Nous bordons la ligne jaune de l'expérience de la synesthésie (phénomène neurologique par lequel deux ou plusieurs sens sont associés) et flirtons avec la poésie opérative ! Mirhal Sound n'a pas la prétention d'imposer à l'auditeur cet expérience hallucinatoire mais suggère une construction imaginative enrichie de ces connexions, dans la représentation intérieure. Mirhal Sound est avant toute chose une invitation au développement imaginatif personnel, sorte de jeu créatif en miroir qui nous permet le voyage intérieur inspiré, qu'il soit comparable à une promenade bucolique ou une descente dans les bas fonds de nos angoisses les plus sourdes.
Derirat ai, enquer desir :
Titre finalisé en mars 2011. On retrouve ici les paroles du fameux troubadour occitan Pèire Cardenal (cf. la première piste du premier album de Shamatronic Trip Solombre). Cette chanson écrite en 1201 ou 1202 ap. JC parle, une fois n’est pas coutume, d’amour. En effet, Cire de Sacub évite autant que possible un sujet usé et galvaudé par bien trop d’auteurs en mal d’inspiration. Sur-traité dans les chansons de toutes les époques, ce sujet, faisant facilement l’unanimité, est un levier facile pour plaire, vendre et éviter des thèmes bien plus polémiques. Et en cela, Cire de Sacub rejoint ce troubadour millénaire : Pèire Cardenal chantait très peu l’amour, il était un troubadour satirique et développait des idées qui pouvaient le conduire au bûcher ou aux oubliettes, il critiquait ouvertement le clergé et les puissants de son temps. L’amour courtois était pourtant « à la mode » de son époque. Mais quand il chantait l’amour, nul doute qu’il le faisait avec plus d’intensité et de profondeur que les autres. Ici, c’est l’amour éternel et la puissance du désir qui sont mis à l’honneur.
El Dorado :
Finalisée en avril 2011, ce titre tire ses paroles d’un poème de l’immense Edgar Allan Poe (deux poèmes de cet auteur sont présents dans Miralh Sound). Cet auteur, américain, prolifique est l’inventeur du roman policier et son œuvre préfigure les genres de la science-fiction et du fantastique. Malaimé dans son pays, on oublie trop souvent de préciser qu’il a été reconnu et défendu par de grands auteurs français, Baudelaire et Mallarmé en tête. El Dorado a été publié la première fois en 1849 et traite de cette quête chimérique et éternelle d’un lieu de vie où bonheur et plénitude seraient à portée de main… Mais parfois on va chercher au-delà « des montagnes de la lune » et de « la vallée des ombres » ce qui se trouve à portée de main…
A la fin de cette pièce sonore une curiosité musicale : Cire de Sacub s’essaie au chant diphonique des chamanes venant des contrées reculées de Sibérie (Toungouska) et des vertes et infinies steppes plus à l’est allant jusqu’à la Mongolie. Cire demeure néanmoins un humble pratiquant d’une technique vocale remontant aux âges les plus anciens de l’humanité, un temps où l’homme acceptait son interdépendance avec la Mère Nature.
Une autre curiosité : à l'origine, la partie instrumentale de ce morceau était appelée « Trees ». Il s'agissait d'un hommage aux chamanes qui cultivent le contact avec les arbres et se baladent dans la forêt comme dans le Saint des Saints d'un temple. Un hommage tout particulier au chamane Mario Mercier et à tous ceux qu'Olivier a pu accompagner en forêt.
Ce titre est une exception dans l’histoire de Shamatronic : il est le seul morceau dont les parties vocales et musicales ont été construites ensemble par le duo. Seul un bourdon existait au départ et Cire de Sacub s’est livré avec une liberté totale. Olivier a construit son propos musical autour de la ligne de chant. Laquelle s’est à nouveau enrichie par la suite. Cette construction explique la puissance musicale et vocale de cette pièce musicale finalisée en décembre 2010. Aussi, le bourdon de fond n'est pas sans évoquer la musique médiévale pour que soit ainsi célébrée Esclarmonde de Foix (1151 – 1215), « parfaite » Cathare qui contribua largement à la propagation de sa doctrine religieuse en Ariège.
Le poème en occitan a été écrit par Louisa Paulin et s’intitule originellement « Breçailora » ; il s’agit d’une berceuse écrite autour de 1930. C’est une maladie grave et invalidante qui a amené ce professeur d’EPS à l’écriture. Comme quoi, même le pire peut provoquer le meilleur…
Titre finalisé en octobre 2010 et remixé en avril 2011. Poème en anglais écrit par Hélène et Cire de Sacub. Les paroles préfigurent la quête de l’El Dorado développé sur la seconde piste. Ici on retrouve les accents dramatiques, les angoisses étouffantes, qui poussent chacun d’entre nous à rechercher ou construire ce monde meilleur, cette promesse de douceur de vivre et de plénitude, cet Eden perdu.
Cire de Sacub ressort pour l’occasion son tambour sacré, mêlant la baguette synthétique et la peau animale, il entre en transe par le rythme tel le chamane toungouse et finit en légère diphonie. Pour les « orages », il utilise un ressort relié à un tube rigide.
Incarnation, life’s mystery :
Pièce sonore finalisée en mars 2011; articulée autour d’un poème de Howard Philp Lovecraft (tout comme Poe, deux de ses oeuvres apparaissent dans le second album de Shamatronic; d’ailleurs Lovecraft était fan de Poe, tant et si bien qu’il lui consacra un poème). Ce mythique auteur était un grand solitaire ; maladif, il était rongé par un mal-être permanent. Ce poème (écrit vraisemblablement entre 1900 et 1920) est obscur ; court il est composé de deux minuscules chapitres et s’intitule à l’origine « Life’s mystery ». Afin d’apporter un rayon de lumière dans les ténèbres et « compléter » ce poème laissant un étrange goût d’inachevé, un troisième chapitre induisant le caractère cyclique et réincarnatoire des mystères de la vie a été écrit, comme une évidence s’imposant à nous, par Olivier, le compositeur de Shamatronic. Nous avons donc complété le titre de ce poème pour bien souligner cette hypothétique dimension cyclique des incarnations. Que les grands « Anciens » nous pardonnent ce sacrilège !
Pour l'instrumental, Olivier s'est laissé inspirer par le travail d'un son pulsé dans le but de restituer artificiellement le son du flux sanguin écouté à l'aide un instrument d'exploration médicale, son de la vie qui circule en nous au premier degré. Idées, sentiments, désirs... tout circule en nous mais ne n'est pas forcément le fruit de notre créativité personnelle, c’est une pulsion « reptilienne » de vie qui s’occupe du bon fonctionnement de nos organes... Olivier s’interroge : serions-nous tous interconnectés les uns aux autres dans le mystère et l'aspect aléatoire de la Vie? Notre place à chacun dans la vie, confortable ou pas a priori, ne serait-elle pas la résultante d'une paisible réflexion avant notre incarnation ? La conscience a-t-elle une origine extra « carnative » ?
Cire de Sacub joue de la flûte à coulisse pour essayer d’illustrer la magique vibration de l’essence vitale et sa mutation perpétuelle. Elle est également un rappel de cette communication marine qui sera, bien plus tard, « inventée » par les cétacés, ces vertébrés mammifères qui ont reconquis les océans de notre planète ; quel étrange retour aux sources !…
Voici les pochettes également pressenties pour le second album de Shamatronic, photos crées par Stéphane B44 ( www.flickr.com/photos/stephaneb44/ ):
Ce titre a été finalisé en avril 2011. Le texte est un poème en anglais écrit par Cire de Sacub en 2007. A la fois obscur et lumineux, il traite des frontières de la mort et de ce phénomène si particulier appelé expérience de mort imminente (EMI et NDE pour les anglo-saxons). En effet, un ensemble de sensations seraient vécues par certains individus à la suite d’un coma avancé ou d’une mort clinique avant qu'ils soient réanimés. Ces expériences étrangement universelles sont un défi lancé aux esprits scientifiques tant elles peuvent être troublantes ; elles sont le témoignage de la possibilité d’une conscience au delà de la mort… De nombreux travaux scientifiques sont en cours de par le monde (essentiellement aux Etats-Unis) pour essayer de mieux comprendre des expériences de « décorporalisation » stupéfiantes. La neurologie explique la vision de tunnel lumineux par un déficit de vascularisation de certaines zones du cerveau, du fait de l'état comateux. Mais qu'en est-il des visions mémorisées par l’expérimentateur d'EMI, relatant des situations passées bien réelles hors de sa chambre de malade, pendant son état comateux ou de mort clinique ?
Space cradle song :
Morceau finalisé en mai 2011, il a clôturé la seconde session d’enregistrement de Shamatronic. Ce titre est basé sur un poème de William Blake intitulé « Cradle Song » (à ne pas confondre avec « A cradle song » du même auteur) écrit aux environs de 1800. Son œuvre, poésies et peintures, est empreinte d'un mysticisme obscur et d’un certain goût pour le mélancolique. Il s’agit de la seconde berceuse de l’album… pour autant ce dernier ne s’adresse pas aux enfants… pourquoi les adultes n’auraient-ils pas droit à leur propre berceuse ?! Ici, la berceuse est catapultée dans l’espace, une hypothétique civilisation spatiale aura bien besoin de ces berceuses pour la ré-enraciner sur Terre, et apaiser ses sourdes angoisses plongées dans le silence impénétrable de l’espace (en effet, cet environnement ne permet pas aux sons de se répandre…).
Call of Cthulhu :
L’œuvre de Howard Philip Lovecraft est unique. Ce fragile surdoué a traité de l'horreur cosmique, il développait l'idée selon laquelle l'homme ne peut pas comprendre la vie et que l'univers lui est profondément étranger. Par le truchement des Anciens, démiurges noirs et chaotiques, il construit une mythologie singulière et stupéfiante, et les protagonistes humains demeurent secondaires tant leur vie courte et leur santé mentale vacillante sont mises à l’épreuve. Pour H.P.Lovecraft, le cosmos n’est pas anthropocentrique, l’homme, est une forme de vie insignifiante loin de tenir une place privilégiée dans la hiérarchie des formes de vie. Ce texte, traduit de l’anglais, issu du livre « Call of Cthulhu », reprend avec force cet axe central de la démarche artistique, intellectuelle et spirituelle de l’auteur. Cire de Sacub a étrangement préféré une version française de ce texte écrit en anglais, peut-être met-il ainsi à distance cet auteur dangereux, ou, au contraire, tente t-il de se l’approprier plus profondément encore par l’usage de sa langue maternelle (une première dans le projet Shamatronic) ? Quoiqu’il en soit, ce morceau est construit autour de l’idée d’un message radio perdu dans le cosmos et récupéré bien plus tard par le fruit de notre civilisation disparue : une cyber-humanité qui conserve les archives d’un passé primitif mystifié... Car à trop parler du mythe, on lui donne corps… et la sombre flûte issue des profondeures océaniques (Cire utilise à nouveau sa flûte à coulisse) résonne jusqu’à l’apparition de… l’Innommable…
Cette pièce sonore a été l’une des premières créations de Shamatronic (mai 2010). Mais sa singularité nous avait conduit à la mettre de côté tout en la brandissant en étendard (la première version de cette pièce sonore ouvre la page d’accueil du site du groupe). Mais la troisième version réalisée en mars 2011 a amené les deux artisans shamatroniciens à reconsidérer sa place.
Robot’s dream :
Ce morceau a été finalisé en avril 2011. Les paroles sont issues d’un célèbre poème du grand Edgar Allan Poe intitulé originellement « A dream within a dream » et publié la première fois en 1827. Bien qu’écrit il y a 2 siècles environ ce poème est d’une grande modernité, il traite de l’essence insondable de la réalité, et si la vie était un rêve ? Des mythes ultra modernes, comme ceux développés par le cinéma américain dans ce qu’il a de meilleur (la trilogie de « Matrix » ou « eXistenZ » entre autres), reprennent ce questionnement métaphysique. Voilà pourquoi Cire de Sacub a décidé de transposer ce magnifique poème dans un futur lointain, un monde cybernétique où même les robots se mettront à rêver… Il renoue ainsi avec le film culte « Blade Runner » où l’émergence d’une conscience (révoltée) ne peut se faire sans les rêves et la sensibilité. A en croire Ray Kurzweil (« The singularity is near ») un monde où l'homme transcende ses limitations biologiques par le truchement de la cybernétique est à nos portes.... Plébiscité par Bill Gates, RK nous annonce qu'il sera entre autres possible, d'ici une dizaine d'années, de télécharger de la mémoire humaine sur un substrat électronique et jouir ainsi d'une longévité de la mémoire limitée à la durée de vie du composant électronique. De nombreuses personnes et groupes de pensée seront prêt à rejeter avec force une telle possibilité vertigineuse, ils crieront à la fin d’une humanité ; mais d'autres entraperçoivent déjà, dans de tels projets, des tremplins lumineux ! Même cette question divise le duo shamatronicien, Olivier est très inquiet face à de telles possibilités et Cire de Sacub est fasciné par un tel projet; les druides et les techno-mages ont parfois du mal à se mettre d'accord !
Inversio palindrome (bonus track) :
Cette pièce sonore singulière est très conceptuelle, la recherche du beau est ici secondaire, les auteurs ont cherché à aller au bout de la démarche du Mirhal Sound ! Le palindrome phonétique, curiosité linguistique, est très rare et/ou difficile à trouver. Ici la pièce sonore est composée de deux parties, totalement inversée ; les sonorités miroirs mettant en relief deux palindromes phonétiques en latin. Car même si les antiques créateurs de ces particularités linguistiques les ont traqué, ils ne pouvaient réellement vérifier la pertinence sonore de leur recherche ; aujourd’hui, par le truchement des logiciels de musique, il nous est possible d’expérimenter leur réalité sonore. Le projet Shamatronic, trait d’union entre le passé et le futur, se devait de s’y essayer ! La première phrase « In girum imus nocte et consumimur igni » est le fruit des recherches de Virgile, homme de lettre romain du premier siècle avant J.C. signifie « Nous tournons en rond dans la nuit et nous serons consumés par le feu ». La seconde n’est pas du même auteur mais semble lui répondre : « Si bene te tua laus taxat, sua laute tenebis » pouvant être traduit ainsi « Si tu es digne de ta gloire, tu suivras le chemin qu'elle t'indique.» L’origine de ce second palindrome se perd dans les confins de la culture latine et est bien antérieure à celui de Virgile. On appelle Séquence palindromique : « Séquence d'ADN pouvant se lire de la même façon dans les deux sens par rapport à un point central soit sur le même brin. »... La carte d'identité de notre existence physique est un Palindrome !!!! Là ou les sociétés humaines s'acharnent à renfort de sciences et de techniques (toutes les méthodes biométriques) de faire en sorte d'attribuer un numéro unique et un mode d’emploi à chaque individu, la Nature se contente de jouer (car le palindrome est un jeu) et de donner la définition génétique de chacun avec style ! Le Palindrome fait-il partie du jeu de la vie ?
66 reviews
Van Syla • 2011-05-15 12:22:05
Aufklarung • 2011-05-06 17:52:55
san064 • 2011-05-06 18:25:56
Catherine Corelli • 2011-05-06 21:59:31
Momoka • 2011-05-07 00:35:59
cometa • 2011-05-06 15:16:59
michka • 2011-05-06 17:24:10
Wolfsong.thePoet • 2011-05-06 20:09:39
Radio_Noiseville • 2011-05-10 15:55:54
bruno karnel • 2011-07-12 21:11:54
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