Un opéra rock…
Mais de quoi parle t-on me dis-je en arrivant sur la page ? Il y a bien eu les grands Tommy ou The Wall, mais plus récemment il y a surtout eu les Starmania, les Notre dame de Paname, les Roméos… brrrr ça me fait froid dans le dos !
Oscar propose donc une farce musicale sarcastique ou une réelle pièce musicale magistralement orchestrée ?…
10 secondes suffisent pour planter le décor et rassurer l’auditeur assoiffé d’extase musicale orgasmique que je suis… C’est bien de la grande époque du rock symphonique que s’inspire Oscar Brent. Un risque de plus, Oscar ose et osera décidément tout. Mais s’attaquer à un opéra rock est ambitieux et courageux.
On trouve dans cet album, du rock distordu, des cordes et cuivres -certes synthétiques l’orchestre de Radio France ou le Philarmonique Londonnien n’étaient pas disponibles- des envolées de guitares cristallines et oniriques, des voix criardes, d’autres douces et poétiques, de l’anglais, du français, des atmosphères lourdes, d’autres tout en finesse et douceur...
Pourquoi faut-il qu’on rapproche toujours une œuvre neuve s’offrant à nos esgourdes , d’autres déjà parcourues en long en large en travers ? Je ne sais pas. Toujours est-il que je vais jouer à ce petit jeu. L’opus est floydien, c’est assez limpide. La voie sur le fil de Waters, limite juste parfois criées au maximum des possibilités vocales , les guitares cristallines de Gilmour, les synthés, un cœur qui bat, un bébé qui crie, les atmosphères post psychédéliques …
A tout ceci, Oscar vient coller des voix tout juste chuchotée sur la musique… des textes poétiques qu’auraient pu déclamer Christian Décamps après avoir écouter du Gérard Manset (La mort D’Orion) ou du Yves Simon (Intempestives)…
Oscar sait nous surprendre, on le sait. Mais là, aidé par Marie, qui vient adoucir le timbre criard des voix, ainsi que la patte du duo Bernard/Chantal (Moving Sand) bien palpable par moments, l'album et l'artiste se trouve "augmenté" d'une véritable valeur ajoutée. C’est donc par l’ensemble que l’on est surpris. Le pari tenté est réussi.
Oscar se casse la voix sans nous casser les oreilles donc c’est un mal pour un bien. Et ces atmosphères, d’oniriques à cauchemardesques, sont méthodiquement mêlées. Les thèmes s’entrecroisent, sans que cela devienne lassant. On pense parfois à la BO complète d’un film. Mais on sait que les BO possèdent un thème majeur, souvent excellent, mais qui repris à toutes les sauces fini par gaver un peu. Point n’est le cas ici. Ainsi, prendre le risque de parler de chacun des titres serait peut être fastidieux. L’opus est un ensemble fonctionnant sur son unité. Le redécoupage permet une écoute plus ciblé, mais l’ensemble est clairement en une seule pièce...
Je n’en dirai pas plus. Cet album s’écoute, se ressent et s’imprègne surement différemment selon les personnes. Le risque était grand, le pari osé, mais la petite perle proposée est une pépite.
>>Press Replay>>