La musique habite Breakfats in Tanger, et non l'inverse, et le Jazz est son mode d'expression le plus évident, avec tout le catalogue qui existe dans le genre. Il s'exprime en expérimentant beaucoup, en détruisant facilement mais, à la fin, il y a tout ce qu'il faut.
Le début, plus chic, fluide et esthétique (ça vaut un bon 8); est meilleur que la fin, avec des titres un peu inutiles, quoique bons, ou seulement Jazz et scratch (j'exagère, c'est mieux que ça).
Un vieux comme moi dirait qu'il préfère des titres moins nombreux, plus plein de ce que j'aime, et plus long ; ça vous rendrait service, je pense, mais bon. C'est un très bon moment, au pire.
Intro : Un trip-hop lourd comme une machine-outil, l'ambiance est posée. C'est un peu industriel, en boucle, avec des sons puissants et chics à la fois. C'est moitié intro, moitié musique, trop court en tous cas.
Noone'sa acid : Plus ludique et Jazz, aventureux, expérimental, mais toujours beau, brillant et limpide. Aussi parfait qu'imprévisible, même si trop court.
The comet I know : Plus subtil encore, un peu de trompette, encore plus courte aussi !
Robert Creep : Rien à faire, ça ne peut pas être chiant : il y a une vraie âme, et de vraies sons, un sens du climat, des choses qu'on lance, qu'on arrête, etc. Et puis ça fait quatre minute tout simplement :)
Shogun of all Japan : Une autre couleur, plus claire, plus « bruissante », plus de scratchs et de samples vocaux. C'est le morceau le moins musical mais c'est bien mieux qu'ailleurs, et pourquoi pas.
Lost Highway them : Un sens du sample remarquable. C'est un peu plus plat mais ça ne dure pas :)
Breakfast in Tanger… : Un titre fantomatique, un peu destructuré, très intéressant, habité, malgré tout, par le Jazz, de bout en bout.
Surrounded by opera smoke : Du vrai Trip-Hop du temps où la radio existait, lourd, mais vrai, qui prend petit à petit (là ou d'autre font des boucles, comme on sait), et ça reste « Jazz ».
Contra bass tunes : Plus improbable et crasseux, pourquoi pas, et ça ne prend que deux minutes.
Concrete dub : Oui, c'est plus sudiste, et comme il y a trois idées au centimètre carré, c'est même encore mieux. D'habitude on se perd à changer de style, pas là, bravo.
Out of breath : Très déroutant, mais c'est en cherchant qu'on trouve, pas vrai ? Ça manque un peu de beauté et de liant évidemment.
Miles is crazy : Très teinté 80's, ce morceau en a les défauts, mais c'est un cliché de deux minutes
Uplifter : Un peu anecdotique.
Mouse-hammer : Dans la moyenne, de cet album j'entends.
Of no help : Une clôture qui vaut bien des titres, y compris de cet album ; je me répète.