Eh bien je prends la décision de critiquer "Piano man", car il y a ici, à mon sens, un certain nombre de choses à dire. La première chose à dire, c'est que tout ceci appartient à un registre assez inattendu, celle de la musique de films glauques américains de l'après-guerre. On s'imaginera très bien les Hitchcock et autres, et c'est avec grand désarroi que l'auteur débite, avec son logiciel ultra-scolaire, des phrases appartenant au registre des films d'épouvante en noir et blanc, on l'aura compris. Ah la la... Si l'auteur de "Metropolis" avait su qu'un jour, on pourrait faire de la musique gloomy avec fruity loops, il en serait tout retourné. Le problème est que tout le monde peut faire pareil, et même mieux. Moi-même, j'avoue que j'excelle dans le "Metropolis". La B.O., pas la boîte... Tout ceci nous renvoie à l'époque où il y avait encore des pianistes dans les salles de ciné, et pourquoi l'artiste ne balance-t-il pas son séquenceur sur des vieilles images...? ça aurait un effet fou. "Piano Man", donc, est doté d'une crête, et tel un Nigel Kennedy à ses plus grandes heures, il rescussite des choses qui ne se font plus, telles "Ascenseur pour l'échaffaud", et ceci au mépris de tout lyrisme. Un peu de sensibilité, un peu de suspense, que diable...! Ce que l'on veut, c'est frémir au gré des pathologies de l'artiste, c'est avoir peur avec le réalisateur... Il est très facile d'avoir un rendu impressionnant avec les graves, et d'ailleurs, le piano est un instrument très impressionnant. Un plan basique dysharmonieux, trois notes suraigues, et c'est parti pour "Eyes Wide Shut". Non, ces choses là ne sont pas si faciles... On notera tout de même que l'artiste, "Piano man", a eu la géniale idée de faire de la musique d'angoisse avec son logiciel bidon. Et c'est, à mon sens, une belle initiative. ça aurait pu être beaucoup mieux, même mille fois mieux, après tout, c'est pas si dur de se lâcher sur un piano pour faire du glauque, mais le tout est ici séquencé, et "Piano man" a su m'apprivoiser avec un concept pour le moins original. Entre "Piano man" et Rob Costlow, je choisirai bien évidemment "Piano Man"... "Piano Man", l'homme piano descendu des cieux pour nous sauver tous. Tin Tin Tin TiiiiiN... On l'aura compris, tout ceci est assez "Ed wood", et on n'en veut pas à l'auteur. Il a le mérite d'avoir un monde à lui, et surtout..., de s'appeler "Piano Man". Voilà. Après Super et Spider, c'est piano, pianissimo, et ceci pour mon plus grand bonheur.