Ma critique sera proche de celle de Reznamor, à laquelle j'aurai pu adhérer à 100%... seulement je préfère mettre un mot moi-même pour témoigner de la claque que je me prend ce matin...
Il doit en avoir bouffé du rock progressif Sebastien... l'album se nourrit des plus grandes heures de ce genre musical. Il y a l'atmosphère, la technique, la qualité des compositions et de l'interprétation, les concepts... le tout en one-man-band. Estomaqué je suis !
La piste d'ouverture de The Evil pilgrimage, m'a d'abord fait peur... cette nappe synthétique tout droit sortie d'un album progressif des années 80, m'a au 1er abord rebuté. Et puis finalement, après plusieurs écoutes, c'est tellement bien amené que le son ne me dérange plus. Et la suite sera un bonheur total et ce dès la première écoute. Ce premier thème conceptuel en V actes est un régal. On y sent parfois, King Crimson (II), à d'autres moments, Yes ou Pink Floyd (IV), ou encore Jimmy Hendrix (III), Genesis (ou encore Yes et Pink Floyd sur V)... Et ce joyeux mélangent laissent planer l'esprit d'un Franck Zappa au sommet de son art.
Rien à jeter, pas de longueur, chaque seconde de son a sa place, Excellentissime guitariste, excellentissime batteur, sans parler des orgues... Tout c'est instrus sont des originaux ? en tout cas ça sonne vrai, jamais synthétique. Sebastien maîtrise absoluement toutes les facettes, de l'élaborations originales au mix final en passant par des arrangements torturés à souhait comme durant l'age d'or du rock progressif (69-74)
Surrounded by spiritual forces... 5 parties là encore. Et ça commence avec des cordes nylon, arpèges absoluement déments qu'ils soient sur guitare classique ou acoustique. Un thème totalement fou. Une petite touche d'interprétation à la "spanish guitars", légèrement manouchante, légèrement flamenco... bref un esprit plus bohème que sur le théme précédent, presque "autours du feu le soir au fin fond d'une clairière sous la lune". La partie II, avec sa basse funky, son orgue à la Rick Wright ou Rick Wakeman, et son développement tout en longueur nous replace au début des années 70... Close to the Edge, Meddle, Red... 3 albums incontournables du progressif.
Encore une fois tout s'enchaine à merveille mélodiquement et rythmiquement dans des jeux instrumentaux subtils,complexes et malgrè tout étonnement fluides.
La partie III met en avant les qualités de batteur de Sebastien, dans une sorte de transition de la 4è dimension. La partie suivante d'ailleurs pourraient être la musique d'un film de science fiction, au moment précis ou l'on découvre le language d'extra-terrestres humanoides (la musique avait été utilisée a ces fins dans Rencontre du 3è type par exemple). Puis envolée de piano magnifique Tony Kaye ou Rick Wakeman n'aurait pas fait mieux.. Mais comment diable un seul peut maîtriser autant d'instruments avec un tel niveau de performance pour chacun d'entre-eux ? La folie reprend ensuite Sébastien, terminant le morceau en enfermant l'auditeur dans une sorte de cercle virtuel et vertueux...
Transporté je suis.
Quoi ? y'en a encore ? c'en est trop... Et pourtant je me lance à l'écoute de Mother nature strikes off. J'ai déjà tout dit je crois, c'est juste le plaisir d'apprécier encore le talent de l'auteur. Ce thème est tout de même de facture plus classique (je parle du genre musical) que les précédents (II). III est du pur Zappa conceptuellement... 2 minutes à un rythme effréné, quelques longeurs peut être mais c'est tellement bien fait qu'on ne s'arrête pas à ce détail. Tiens ?! une mélodie presque pop (IV), une ballade à la Clapton, un peu espanisante (à l'inverse de tout à l'heure, la guiatre lead est en cordes nylon et l'accompagnement en cordes métalliques... Il sait tout faire !). V ne peut qu'être emprunté à Genesis, je me trompe ? (en plus complet... c'est dire le niveau)
Liquidé je suis.
Vient ensuite After all i am... et la transition avec la fin du thème précédent se fait parfaitement, c'est encore à Genesis que l'on pense. Plus bizarrement, ce petit côté jazz rock, rappelle les 2 premiers albums solos de Sting. Petit son de synthé eigties (copie de flûte de pan)sur II, que je n'aurai pardonné à personne, et bien là, vu le niveau global, je ne me permet pas de le critiquer, juste de le notifier. Petite incursion en free jazz sur III, entrecoupé d'un thème plus rock et assez morbide, et puis à nouveau rock progressif 70's, on pense notamment au Métronomie de Nino Ferrer. Moins convaincu par la dernière partie, ça n'en reste pas moins un excellent morceau de clôture.
Vidé je suis.
Output19... ça sent la fin ce titre. Je ne m'étale pas, il complete magnifiquement le tout. Pas d'apothéose, juste le complément indispensable.
Alors juste une remarque... Personnellement, j'aurai publié cet album en 2 tômes. Ca aurait évité que des petits malins comme moi, en écrivent une tartine en une seule fois !
Je m'empresse de découvrir les autres albums.
Très belle continuation à toi.