Prolifique Sébastien Gramond, environ 3 albums par semaine... et vu la complexité des compositions difficile de tout ingérer, l'overdose me semble impossible mais il faut apprécier les choses à leur juste valeur, et tout le monde sait que la meilleurs manière d'apprécier et de prendre son temps. Bref je pense que j'aurai fait le tour de la disco de cet artiste dans quelques années...
Après Beware of the god qui m'a subjugué, je me penche sur Wasted youth... en 2003 déjà la maîtrise totale des enchainements mélodiques et rythmiques était visiblement acquise. Sur celui-ci par contre, je note quelques petits couacs surtout rythmiquement, rien de bien méchant tant la globalité est impressionnante pour un multi-instrumentiste au talent indéniable et qui devrait être reconnu, y compris des maitres du genre.
66 is enough... Un titre d'inspiration Crimsonienne dans sa conception, et un jeu de guitare rappelant pas mal des grands guitaristes progressif qu'ils aient posé un jour leur valise chez Yes, Genesis, Zappa, king Crimson ou qui sais-je encore...
Rythmique prog à souhait, soutenue comme rarement, l'auditeur en est lui même à bout de souffle quand ça s'arrête...
Mankind... Crimsonien là (plus)encore. Fanatique de MONSIEUR Robert FRIPP? le contraire serait étonnant, mais sait-on jamais avec les artistes... Une chose me gène... le synthé en lead en partie centrale du morceau, il ne semble pas très maitrisé par moment, et le son... aille. Quand on a en arrière plan cet orgue au son si pur, le lead gâche un peu le tout. Pourquoi ne pas l'avoir fait à la guitare ???
Ligne de basse inventive, rythmique jazzy, ligne vocale sympa, manquant un peu de corps, trop de retenue peut être...
Sunday morning. Est-ce la manière de chanter... je pense à Ange avec cette ligne. Guitare à la Steve Hackett, instrumentation assez minimaliste derrière, un morceau qui tombe à pic... reposant après l'entrée en matière excellente et avant la suite... dévastattrice.
Lost Illusions... Entêtant, un peu bordélique... ben oui forcément, l'inspiration Zappa se fait plus sentir sur ce morceau (y compris vocalement).
Open your door... un peu de bossa ensoleillée, à la santana pour sortir de notre torpeur d'illusions perdues. Mais là encore, très vite, on retrouve des ruptures typiquement Zappa. Courte intermède "digestive" avant un nouveau rythme éffréné.
Download. Curieux vocalement, faisant penser à ... zappa mais aussi à Robert Plant (et là cette voix forcée dans les aigus, est assez désagréable), un titre globalement moins interessant que ces prédécesseurs.
Anywhere Foreigner... les inversions de phase sur les guitar, rappellent tout de suite Yes. Mélodiquement, cela reste du prog conventionnel (presque déjà entendu je dirai), et c'est sur ce titre particulièrement que les rythmiques souffrent un peu. Par contre, bizarrement par moment, c'est aux Beatles que l'on peut penser (époque de Revolution number9), dans un duo inédit avec ... Robert Wyatt (particulièrement sur l'album Rock Bottom), inattendu le résultat de ce mélange d'influences ! Les ruptures sont toutes aussi excellentes les unes que les autres.
enfin le wasted youth... entêtant, hypnotique, psychédélique, une atmosphère dramatique et anxiogène, qui pourrait accompagner le Nosferatu de Murnau par exemple dans uen nouvelle version sonorisée de ce film muet de 1922.
C'est assez grandiose ce titre, et j'avoue ne jamais avoir entendu une telle pièce sonore merveillesusement terminée par une ghost track presque démoniaque.
Je regrette de ne pas avoir plus d'info sur l'auteur dans sa page artiste... Est-ce de l'humilité ? j'aimerai en savoir plus (curieux peut être mais cet univers me fascine...)
Peut être serai-tu interessé par une interview pour le jamzine ? (écrite ou orale, pour une publication webzine, podcast ou webradio, comme tu préfères... Si ça t'interesse, fais le moi savoir en réponse à cette critique ou par message privé (piednez) .
Merci en tout cas et sincères félicitations pour tant de créativité.