C'est actuel, c'est libre et ça respire le temps révolu du progressif dans sa conception originale...
Mieux. Sebastien Gramond fusionne le progressif de Zappa, de Soft machine, de Genesis, de Yes, de Crimson et même de Ange. All in one !
Il est habité ce n'est pas possible autrement... Réincarnation clonée à l'identique d'un Bill Brufford, sur lequel on aurait greffé un Chris Squier, un Tony Banks, un Francis Décamps, un Rick Wakeman, un Robert Wyatt, un Steve Hackett, un Robert Fripp, un Rick Wright, j'en passe et des meilleurs...
Un véritable Musicien Génétiquement Modifié... La toxicité sur nos esgourdes a t-elle été testée avant publication ?
Qu'importe. Sebastien fait seul et en un temps record ce que bien des groupes (dont le mien) tentent déseperement d'essayer modestement de s'inspirer sans prétention aucune... C'est dire !
On ne peut donc pas véritablement parler de création d'un univers. Sebastien construit des oeuvres aux références multiples mais bien palpables. Le coup de chapeau que l'on peut faire, c'est sur la culture musicale de notre homme, une culture parfaitement assimilée pour être ensuite ré-interprétée à sa sauce. Car si on perçoit les influences de Monsieur Gramond, dans le champs stéréo, l'instrumentation, l'interprétation et le mixage... L'auditeur n'a jamais l'impression d'avoir déjà entendu les mélodies (mises à part quelques bribes parfois mais sonnant plus comme un hommage, qu'une copie pure et simple), et les agencements de celles-ci.
Ce mec est un OMNI à lui tout seul. Serai-ce une supercherie ? une réunion réelle des grands de ce genre, cachés dans un personnage unique et virtuel ?
Les albums de Sébastien sont construits de manière totalement folle. Et la folie de l'artiste n'est pas passagère ... 35 albums à ce jour publiés (le dernier comportant le numéro... 92 sur une période de 20 ans... !)
Quand je dis seul, on peut voir sur son myspace qu'il se produit en trio depuis octobre 2006, en live. Saluons et félicitons donc au passage, les musiciens accompagnant Sébastien dans ses "délires", et, je n'en doute pas, insufflant eux aussi une âme progressive à leurs interprétations.
Sans avoir détaillé morceau par morceau cet opus de 43 minutes de pur génie, je pense avoir dit globalement ce que je pouvais en dire. Music for a quiet family reste tout de même celle que je préfère sur cet album, sans vraiment savoir pourquoi.
Si je conçois que ce genre musical n'est pas adapté à tous, le phénomène n'est, il me semble, pas ininteressant à observer.