la première impression est celle d'une oeuvre de jeunesse (apparemment le milieu des années 1990, d'après les références culturelles), avec son enthousiasme et sa fraîcheur, mais également ses errements...
Le problème avec la musique électronique strictement instrumentale, c'est son côté souvent impersonnel, la relative uniformité des samples (du moins pour des oreilles non expertes) rendant les compositions assez similaires d'un artiste à l'autre. Peu de "professionnels" du genre arrivent à sortir de cet écueil et à imposer un style vraiment personnel (Prodigy n'a pas su garder son originalité au delà de 3-4 singles et se noie depuis dans des collages sonores indigestes ; Daft Punk s'est tout aussi rapidement essoufflé, pour ne citer que les plus connus).
Il en est malheureusement de même pour les apprentis techno-stars... Les limites de cet album de GOR sont donc, à mon avis, plus celles du genre (qui se prête plus au format du single que de l'album entier) que de l'artiste lui-même.
Car il faut bien admettre que "Karflight" reste instrumentalement agréable. GOR a su éviter le côté parfois bourrin et répétitif souvent associé à la techno. On note même une certaine ambition dans la structure des morceaux, avec des changements d'ambiance bienvenus. L'abum devient même carrément accrocheur sur les compositions comportant des samples "parlés" : "Slobodan" et ses interventions manatanesques désopilantes ("Tais-toi ou je te flagelle la gueule!!!" ou encore "Jean, tu n'as pas ton pareil pour faire rire l'Allemand"...), et le matricien et très réussi "Red pill". Est-ce la naissance d'un nouveau style : la techno "télévisuelle" ???