C'est une atmosphère évoquant les long-métrages de David Lynch et les ambiances chères à son fidèle compositeur Angelo Badalementi, qui berce ce premier effort signé
Minus Clay. Folk-songs dépouillées ("Truth"), mélodies dépressives, la musique composée par Simon Lanciaux baigne dans une tristesse à fleur de peau. Lunaire, hypnotique, les morceaux se suivent ("Prickhead strikes again", "A sore loser" et "A thousand scars"...) et viennent former un ensemble étonnamment homogène. Un tout dans lequel son auteur joue la carte de la retenue pudique, sans pour autant oublier de se laisser aller à ses émotions. Entre desespoir et frustration, la musique de
Minus Clay n'a définitivement rien de joyeuse, s'il y a des albums qui parviennent à nous passer du baûme au coeur par leur légereté (cf : le
Love on depression street de
Clay Allison), ce
Demos fait exactement l'inverse. Au détour d'une impasse, une semi-obscurité ne laissant entrevoir que par instants l'horizon si lointain, des titres tels que "End" et ses arrangements étriqués, ou l'hypnotique "Sad clouds looming over hull" plongent lentement l'auditeur dans un puits sans fond, une brume épaisse de laquelle il aura toutes les peines du monde à s'extraire. Entre solitude cotonneuse et vague à l'âme, ce
Demos est de ces albums qui diviseront les amateurs, qui suscitera sans doute autant d'ennui ou de refus poli que de respect immédiat. Et pourtant, en toute simplicité, sans effet de style incongrus, juste avec ses mélodies épurées,
Minus Clay livre un album aux couleurs sombres et au spleen torturé à découvrir.
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