Bonjour Philippe
‘Play’… Une porte s’ouvre… Je m’introduis sous le portique puis… ‘Shlaq-q-q’… Je sursaute, l’immense porte se referme derrière moi. ‘Ting’…. ‘Frfrfrfrfr’….
Une clairière s’étend devant moi traversée de rideaux lumineux qui scintillent. Au loin, l’horizon se perd dans des nappes vocales enchanteresses, une pluie entame son quart d’heure tropical, les oiseaux sont encore là et gazouillent leur désire de rencontrer le soleil qui n’est pas loin, la chaleur de l’endroit reste intacte, mes vêtements sont humides et j’ai la peau moite mais je reste en place comme hypnotisé.
Je me laisse embarquer dans ton univers, jusqu’à toucher ce trait qui découpe la fresque musicale en deux parties inégales.
Là-bas… Tout au fond je marche sur ce fil en maintenant l’équilibre, d’un bon subtile je quitte le ‘Sol’… (G) tout misé sur ce coup de (D), mais c’est raté, je suis tombé au (Ré)zzzz…. dans le corps d’une guitare rythmique qui se met en mouvement… Mais, pas le temps… ! Au travers de la rosace, j’aperçois les doigts qui frottent laissant apparaître quelques rayons lumineux et grappillent jusqu’à faire claquer les cordes en étincelles sur les frettes et… déjà fini… ! Un moment pour réfléchir et se dire trop court ton solo Philou… Merde, je sors du ‘Rêvvv’……. La douceur des percussions m’enchante. Mais… : - Qu’est ce que c’est… ‘Wouaw’, voilà les doigts qui redémarrent tout en délicatesse néanmoins sans traîner la patte jusqu’au ‘gong’…
Puis… Démarre ‘L’éther d’Afrique’…
‘tout ti ti tout ta ti toc ti’… ‘tout ti ti tout ta ti toc ti’… Et puis, une envolée ‘marimbalesque’ s’invente en stéréo parfaite pour accueillir… Au centre, cette voix qui nous souffle quelques aiguës timides sur le fil du rasoir, chavire d’un côté à l’autre mais reste toujours en apesanteur jusqu’au…… ‘ti tit chi… ti tit tit chi… ti tit tit chi’… et cette guitare frétillante d’accords lancés avec parcimonie, juste là où il faut…
La suite coule de source et s’achemine jusque la fin sans que je ne me perde dans le dédale des chemins qui mènent vers des contrées qui t’appartiennent.
Bien vu l’artiste, tu te contentes de peu pour un guitariste, tu me fais languir, je les attends tes soli et je crois que c’est important. Ce n’est pas mal pensé de ne pas envoyer à ‘tire-larigot’… Humble l’ami…
Bref… Je me suis arrêté un instant pour t’écouter et j’ai passé un très bon moment, tout en images dévoilées. J’y ai pris celles qui m’intéressaient en les transfigurant et en me fabriquant ce film où le voyage est de mise. Merci à toi, pour ce cadeau, je n’ai pas encore pris le temps de découvrir tes autres albums, mais j’y retournerai, pour y trouver, je l’espère d’autre facette de ton talent.
Le son est nickel. Il traverse, il avance. Tous les instruments sont à un endroit bien défini et le tout est mixé avec une fluidité certaine. On entend bien le fond, (le sol, celui que nous nettoyons quand il est sale). Les silences ont leur place dans la musique et ton ‘mix’ leur donne cet avantage.
Exemple à 3.10 m ’dans la chaleur du désert’, tu n’aurais pas du couper le souffle de la ‘gratte’ aussi brutalement et laisser glisser cette chaleur grésillante naturelle jusqu’au bout avec un léger ‘fade’ et rendre cette fin ‘froidesque’ si tel était ton désir. Petit détail, peut-être sans importance mais qui donne l’aspect professionnel d’un ‘mix’. Bon ! Je chicane… (Ce n’est bien sur que mon avis). Mais la prochaine fois, tu y penseras…
Les arrangements sont bien construits et attirent jusque la fin des morceaux et ce, grâce à une progression constante.
Que dire de plus, sinon, de continuer sur ta lancée. Bon voyage…. Et ! A bientôt.
A oui, j’adore le titre de l’album ‘Voyage dans l'éther’
Bruno