L'étiquette loyale de cette musique, quelle que soit l'expérience du papy Denis, le Religionnaire la connaît. Il ne s'agit pas vraiment de progressif, ni de jazz rock, non. Il s'agit d'un soft-rock instrumental 80's sans fioritures, sans excroissance rebelle, et donc sans véritable charme.
Le Religionnaire en tient pour preuve ce "Erotika" qui, comme son nom l'indique illustre un certain érotisme, mais pas n'importe quel érotisme : l'érotisme aseptisé du téléfilm typique de notre 6ème chaine le dimanche soir (idem pour son copié/collé "Melancolie").
Fermez les yeux, nous sommes sur une plage des caraïbes, les hommes et les femmes sont tous très, très propres, les maillots de bain sont stérilisés, les filles lisses, sans vergetures, le regard vide. Sur un bateau de plaisance, nous apercevons une fille se frottant frénétiquement les seins le long du mât, avant de faire l'amour avec cette lenteur si caractéristique, cette lenteur qui fait que le téléspectateur moyen n'aura même pas le courage de finir la scène avant de se finir lui-même. C'est un peu la même chose pour la musique du papy Richard, on voudrait qu'il en vienne plus rapidement au fait, si fait il y a. Car par ailleurs, ces odeurs de film de boules s'accompagnent d'effluves de contes de fées, et de comédies sentimentales à l'eau de rose de la même décennie, n'en déplaise à Meg Ryan et à notre Denis qui doit fréquenter assidument Eurodisney.
Et pourtant, pépé a le groove, il ne lui manque plus parfois que le son et l'audace. N'en témoigne ce "Kyrielle" et sa ligne de basse revancharde à travers laquelle Denis réussit presque à nous prouver qu'il peut swinguer comme un nigaz du bronx. Hélas, survient le problème du son et les problèmes d'érection qui en découlent. Le pire du synthétique est aussi le pire des années 80 (midi ou autres). Là où des artistes comme Alan Parsons et son compère Woolfson ont parfois réussi à faire émerger leur personnalité baroque dans le synthétique, se cachent derrière eux des centaines d'heures de musique sans âme, sans corps, sans esprit dont celle de Denis Richard (Dainisse Witcheud comme disent nos amis américains).
Grand Père Richard maîtrise également le manche sans trembler, c'est pourquoi le Religionnaire lui conseille avec toute sa tendresse de se lever, de brancher la disto et de cradifier sa musique. De se lâcher, d'oser dire merde, d'oser segmenter, orchestrer, symphoniser, glorifier et grandiloquer ses compositions. Vas-y Denis, l'audace n'a pas d'âge, ni de limites.
En vous remerciant.