Des choix de compositions ardus et une recherche sonore incroyablement aboutie, l'ensemble mené avec une perspicacité exemplaire, un chant magnifique tant sur le plan de la voix que dans l'interprétation... quelle maturité! Les 6 titres sont impeccables à tout point de vue, riches de trouvailles enthousiasmantes et parfaitement cohérents... Cet album est d'une beauté sidérante, extraordinaire, stupéfiante, je l'aime énormément.
La courte introduction à elle seule est une petite merveille d'électro vivante et sensible.
'Breath' enchaine sur ce mode avec un début planant et saturé de spleen, les nappes de
synthé se fondent avec la voix dans un entre-temps qui parait comme suspendu, sombre et douloureux. On pense un peu à certains passages d'Animals' des Pink Floyd (Sheeps) mais la force d'évocation en est nettement supérieure. Avant l'achèvement, quelques notes de flutes traversières, superbement bien senties, apporte ce qu'il faut de dérision lasse.
'Hallu', dans une ambiance jazz-rock éthérée, offre un mixage particulièrement réussi de la voix qui joue de toutes les inflexions possibles, entre diction tragique, monologue désespéré et chant évoquant Léo Férré ou David Bowie. L'atmosphère générale du morceau bien que pesante, reste d'une délicatesse extrême.
Vient ensuite 'Jazz', un titre qui débute comme un arpège atonal de Léonard Cohen, jusqu'à ce qu'un ensemble de cordes envahissent l'espace de leurs plaintes nostalgiques. Les harmonies de ce titres sont hallucinantes.
'Massive destruction' enchaine avec une rythmique opaque et feutrée, balayée d'ombres profondes, entre lesquelles la voix semble se couler avec sensualité.
'I hope you'll never comme back' amorce un retour à plus de noirceur, après un début langoureux, accompagnant un chant en apesanteur, la flute traversière revient disséminer sur ce titre des harmonies jazzy presque enjouées, décuplant l'effet mélancolique précédemment développé.
'Au revoir' termine cet opus de façon admirable, noir et étouffant, tout horizon semble avoir disparu, errance absurde dans un vortex intérieur sans aucune issue jusqu'à la détonation finale...
Pour finir, quelques mots à propos de la jaquette: belle, inquiétante, énigmatique, parfaite...