Profondeur ?
Oui, parce que n'allez pas croire que ce trio fait les choses de manière superficielle. C'est du sincère, du réel, du "qui sort des tripes".
Pas de trucs à arracher les oreilles, un rock très mélodique, aérien, aéré tout du moins, posé, lancinant, entre prière et incantations au rock n'roll.
Noir car ne croyez pas trouver ici des chansons à faire écouter un soir de mariage (tiens, et c'est pas plus mal comme ça... )
Simple car côté prod, je ne vois rien à redire : les instruments / voix sont équilibrés, personne ne prend l'ascendant, c'est homogène, aérien ( je sais, je me répète), équilibré. Le son n'est pas énorme, et c'est tant mieux car une grosse prod à la "hard rock" aurait tout gâché. Merci.
Simple et aérien également car pas de rere perpétuels, pas de soli mal venus. C'est pur et clair. On respire. On étouffe pas son les avalanches de notes, de rythmes, de paroles
Cache-Cache, ça commence avec un simple gimmick de guitare à peine, voir par du tout, saturée, genre Fender Strato sur un vieil ampli Fender, réverbe, écho. La batterie embraye, un rythme léger de locomotive (si, parfaitement, une locomotive peut être légère !!!). La basse jouée au médiator (ah ??? on me dit dans l'oreillette que c'est joué aux doigts ! Désolé...) aurait "peut être" méritée un poil plus de volume (ça, c'est parce que je suis bassiste, alors évidemment, question impartialité, parfois, je loupe...). Et ce qui tout de suite assoie le morceau et le groupe, lui donne ce petit quelque chose d'unique : la voix !!! Une voix chaude, grave, légèrement tremblotante, rock n'roll.
Don Quichotte ... Ma préférée... Un coup de maître. 9a ne s'explique pas. C'est lent, lancinant, une batterie sans caisse claire au départ, et ça part sur une refrain extrêmement mélodique. Ah non, décidément, je vais me la ré écouter en fois de plus.
Swoon. Même recette, même guitare, même voix, mêmes rythmiques au service de la chanson. C'est joué avec conviction, pas juste parce qu'il faut finir le morceau. C'est prenant.
Une chanson du dimanche... J'adore. Moi aussi j'aime sentir la menthe et renifler la cannelle. Une odeur d'été chaud, du soleil, des guitares presque orientales, une voix nonchalante, un peu cassée. Il est bien, il est heureux, sous le soleil, tout est mieux. La fin d'un voyage.
Innere Unruhe. Le morceau sans doute le plus énervé de l'album. On y sent presque une colère ou une douleur difficilement contenue, qui n'arrive pas a s'exprimer, qui énerve celui qui la ressent, celui qui veut dire, qui veut parler, mais ne trouve ni le mots ni l'auditoire. Un morceau surprenant, des changements de rythmes, d'ambiances. Et pourtant le morceau qui ne colle pas à 100% avec les autres. Sans doute parce qu'il arrive après "une chanson du dimanche".
Côté influences, on échappe sans doute pas à Noir Désir, mais aussi à des choses moins connues (quelqu'un connaît No Hay Banda ?) un peu de Sonic Youth, enfin, c'est mon sentiment... Après, se mettre à la place de l'artiste...
Conclusion ?
- J'en veux encore, plein, beaucoup plus, pareil, pas mieux produit, c'est tout simplement un truc qui me laisse pantois. C'est du bon, du très bon, et franchement, en concert dans une petite salle, ça doit être la grande classe.
Bravo !