En grand amateur de musique celtique de tous horizons ainsi que de ce folklore à la saveur si particulière, je considère Lliendes comme une franche réussite. Les mélodies marquantes se succèdent dans une atmosphère magique. Des ballades à la structure redondantes, comme l'écho d'un bagadoù marchant au pas (Valsiau de San Andrés). Mais cet album apporte une part d'innovation non négligeable.
Je suis convaincu que le registre musical celte a été grandi dans son métissage avec le rock dès les années 70 (Alan Stivell, Dan Ar Braz, Tri Yann et les autres). Mais depuis cette révolution musicale, peu d'expérimentations ont abouti à quelque chose de musicalement mémorable. Le succès de certains métissages sont à relativiser, car s'ils connurent un succès spontané (grâce à un certain côté festif), ils ne sont plus que des souvenirs, agréables parfois, mais jamais des marques vivaces. Je pensais, mais vous l'auriez deviné, au rap celtiques du trio Manau, dont l'idée était audacieuse, mais qui avaient délaissé la création musicale en se complaisant dans des reprises "faciles" (de chansons intemporelles comme la Jument de Michao).
Tout cela pour dire qu'ici on ressent quelque chose de spécial.
Le métissage avec l'électro/industrial prend une ampleur inédite. Une initiative, d'après ce que je sais, sans véritable précédent.
Le talent est là, alors, comme à l'époque où je découvrais Stivell (E Dulenn en 1975), je sens quelque chose, un souffle. Je peux me tromper, mais je dirais qu'on tient là le précurseur potentiel d'une "renaissance" du folklore celte.
Alors une relève aux rockeurs celtes, maintenant à l'âge de la retraite ? Je suis persuadé que le potentiel est là. Il faudrait que la graine trouve un bon terreau pour que pousse un arbre dont la cime se dressera fièrement au côté des autres monuments.
Alors aux celtes, aux artistes celtes, aux amateurs de ces cultures, de toutes contrées : partagez et faites partager cet espoir.
Enfin, à Xera : on en demande encore !
Pelot qui vous embrasse le cœur.