Dès Peer to Peer, le premier riff de guitare et la ligne de basse sonnent comme un avertissement : c'est du rock, ça bouge, c'est fait pour ça et on s'en réjouit d'avance. Seulement voilà, la naïveté apparente du premier titre n'est qu'un leurre. Voilà qu'une guitare acoustique entame le deuxième morceau (Baddate) et anonce une ballade électrifée tellement efficace qu'on en redemande. Et ça tombe bien : Sorry Sarah remet le couvert, non, plutôt il le retire, on a envie de quitter la table pour s'asseoir parterre, sans même demander la permission. Après un rappel à l'ordre logique (Travel agency), Precog nous en met plein les oreilles et introduit d'autres sonorités, cette fois plus électroniques. Les nappes grandiloquentes ne sont pas sans rappeler une certaine époque ou la bonne musique était forcément Underground. Amateurs d'une certaine Cold Wave, éteignez la lumière et ouvrez grand vos oreilles. AeAeA (non ce n'est pas une onomatopée mais le titre qui suit) est une invitation à un po-go mélodique enragé. Questions apaisera un temps les esprits mais For Anotherone incitera ceux qui s'étaient assis à se relever brutalement. A last time conclut en beauté cet album sublime... dernier titre... derniers soubresauts... mais certainement pas la dernière écoute, qu'on se le dise une bonne fois pour toutes.