Ils annoncent la couleur dès la jaquette, typographie en noir sur rouge, plus en adéquation avec le genre développé que ne pouvait l’être la pochette de « Ou pas » (qui était néanmoins réussie)…
Et dès les premières mesures se confirme l’esprit estampillé par la jaquette. Mélodie sur-vitaminée, distorsions implacables, lignes de batterie et de basse, bien léchées… voix toujours aussi singulière et totalement en accord avec la musique, et des textes en français qui collent parfaitement au rock anglo-saxon (c’est si rare)…
Le côté « dynamite » de cet album (comme du précédent d’ailleurs) provient à coup-sûr d’une session d’enregistrement étalée sur quelques heures (concept du « live-studio »). C’est d’abord une performance, à l’heure ou les studios sont loués durant des mois pour réaliser des opus ou rien ne dépasse, totalement épurés d’humanité… Là, on sent un album déjà rodé en répétitions voir surement en live et qui est tout simplement plaqué en direct sur la bande (ou le disque dur) tel quel.
Cela dit, on aurait pu imaginer, un travail plus fin sur le mixage. Par moment, la voix est bien trop en avant, à d’autres c’est la basse que l’on perçoit à peine. En fait, je pense que les morceaux sont plus forts que sur l’album précédent, mieux maitrisés dans l’ensemble, mais pas mieux mis en valeur dans le mixage. C’est le point faible. Et toujours un effet trop prononcé sur la quasi-totalité des pistes voix… Le timbre de Laurent n’a pas besoin d’être soutenu par un quelconque effet, elle se suffit à elle-même !
Les arrangements me semblent aussi moins homogènes que sur « Ou pas ». On attendrait peut-être un peu plus de variétés rythmiques ou mélodiques.
Côté pistes, un morceau sort du lot. « L’archipel » au texte signé People ignore who I Am (autre artiste Revolution Sound Records) est une vraie bombe en tout point. Le riff de base et la rythmique sont vraiment efficaces, le texte semble avoir été écrit pour la musique, la basse saturée, le jeu de batterie… la ligne vocale et les touches de chœurs, tout est là.
Pour le reste, des bons morceaux qui, sans rien apporter au rock, rappellent à la fois le rock des seventies par les mélodies, et celui des nineties pour le son global.
« Pas comme ça », résonne comme du déjà entendu, que ce soit par Otis même ou par d’autres. Bonne entrée en matière qui sans casser des briques nous place dans l’ambiance.
« Miracle ». L’intro semble fadasse. Mais dès qu’Otis insuffle ce riff de guitare à tendance funk, on se prend au jeu de ce funky-rock typé fin seventies. Et à nouveau ce mélange Français-Anglais, qu’Otis affectionne.
« Com[m]e on ». Bien vu le texte, et la tension se dégageant de la mélodie est vraiment palpable. La lead guitare ne serait pas tout légèrement désaccordée ? Peut-être est-ce voulu d’ailleurs, puisque ça donne bien au final !
« Suis-je prêt ? », celle-là fait un peu trop. Trop vite, trop saturé, pas assez de jeux entre les 2 guitares. Même la lead manque quelque peu de caractère.
«En passant ». L’intro sonne U2 des débuts (riff de batterie / reverb en son clair sur la lead). Etonnant chez Otis, mais finalement pourquoi pas ?! La voix est trop forte au moment ou Laurent la pousse le plus… un peu dommage.
« Lisou ». Rien de rare à nouveau, si ce n’est une ligne de basse extrêmement fouillée. Le titre balance bien tout de même.
« Responsables ». Alors cette intro (et le pont à la batterie) rappelant le « Territorial pissings » sur-saturé de Nirvana, me rappelle surtout ma jeunesse. Encore une fois, je trouve que c’est un peu trop, peut être même légèrement désagréable pour l’oreille... La basse est un peu loin dans le mix par moment.
« Trop de pas assez » et son intro étouffée rappelle The Police (Every breath you take). Là encore une référence que je n’aurai pas donné à Otis. Cela dit, texte bien écrit, mélodie accrocheuse, c’est réussi ! Les envolées vocales (puissance) sont à nouveau trop en avant dans le mixage.
La nouvelle version de « Mauvais réveil » nous montre les progrès de Laurent vocalement. En ré-écoutant la version précédente, on s’aperçoit, que le timbre était poussé semblait moins naturel qu’aujourd’hui. Sympa aussi de ré-entendre ce titre mais avec un bon son cette fois. Espérons que l’on retrouvera d’autres titres 1er opus ré-enregistré de la sorte.
Enfin «Les choses vraies ». J’attendais un truc sortant du genre habituel (comme le dernier titre de « Ou pas » qui était très différent des autres). C’est moins flagrant cette fois. A noter, le riff (mélodie/arrangement/chant) de refrain qui rappelle Lez Zeppelin. Très bon morceau que celui-ci.
En bref, un album globalement sympa, mais qui donne surtout l’envie de vivre Otis en Live, car c’est face au public, qu’il doit se révéler magistral.
Belle continuation à vous.