Les notes déroulent leur tapis tissés d'instruments élégants et forts. A l'ancienne, peut-être, avec une actualité sonore et un équilibre dans le mix époustouflant : j'écoute au casque, un bon Sennheiser, et ça ne pardonne pas ! Il y a de l'insolence, de l'impertinence sur de la dentelle, tout se dit et tout s'écoute. Je me sens bien, si, si ! La voix raconte en chantant, à moins que ça ne soit le contraire, et on se prend à faire attention aux paroles. Elle sont simples, cette simplicité évidente qui montre une belle maîtrise de la composition littéraire. Dans une chanson il faut aller à l'essentiel, surtout lorsque le piano et l'accordéon jettent le projecteur sur Mado qui entre, toute menue et timide, quel charme fou. La madelon en plus petit, Une fille à soldats des bars de nuit ? Wouaou ! Et le son qui ondule avec elle, qui scande ses pas. L'orchestre tient sa place, ce ne sont pas que des guitares, une batterie... elles n'ont sûrement pas tout le temps été enregistrées en même temps mais on aime à le croire. Hein le trombone ! Je vais réécouter souvent ces pièces de la vie courante, pour la bonne humeur, pour la nostalgie, ce qui fait vivre le coeur de celui qui écoute et qui se sent soudain un vieux célibataire plein de poésie écartelé entre les femmes qui ne veulent pas de lui et l'enfance qui console. Beau disque, vous devez en être fier. Vous pouvez !