MUZ est toujours là où ne l'attend pas... En effet, loin des méandres psychédéliques des précédents albums, qui emmenaient electro et rock progressif aux confins de l'étrange, ces entractes sonnent étonnamment dépouillées, minimalistes.
Une première partie au piano solo - qui d'autre que MUZ, qui n'est pas un virtuose du piano, et il ne s'en cache pas, pourrait offrir un album d'improvisation au piano ??? - et une autre, nous présentant un orchestre ivre et déglingué, rythment l'album.
Je ne m'étendrais pas sur la partie pianistique, n'étant pas spécialement un spécialiste ni un grand amateur de l'instrument. Tout au plus, après plusieurs écoutes, dirai-je que j'ai été séduit par le thème mélancolique du premier morceau, ainsi que par la virevoltante "saynète # 2", qui m'a évoqué certains passages des "Tableaux d'une exposition" de Moussorgsky - ah bah si, tiens, j'ai quand même des références, finalement... En tout cas, tout ça est très intimiste et rêveur...
En revanche, j'adore "The smirnoff ochestra suite" (tout est dans le titre !). A l'écoute d'"ivresse", je revois - j'entends à nouveau - cet improbable violoniste, vieux bout de bois sec et ivre, croisé dans une venelle de Prague, un soir... Pathétique et parodique - du moins est-ce mon impression - , défaillante et touchante (les coups de toms décalés...), voici une invitation à déambuler, dans un état second, à travers je ne sais quels rêves, je ne sais quels souvenirs. Le reste est à l'avenant, étrange, disgracieux et pourtant très beau...
Si vous passez par là, donnez une chance à "Entractes", un album décalé, difficile et sans concessions, mais totalement unique...