Le Religionnaire se souvient encore du jour ou Denis nous avait promis un second album sur jamendo. Cette promesse publique, il nous l'avait bien sur faite à sa manière : "Je voulais mettre un autre album mais étant donné le nombre incalculable de connards impunis qui peuplent ce site, je pense m'abstenir…". Bien entendu, la grande majorité des passants s'est judicieusement abstenue de saisir cette perche fermement tendue par Denis, excepté le Religionnaire qui avait hâte de constater enfin l'étendue de son talent.
A grand renfort de propagande sur son incroyable expérience du monde de la musique, Denis nous promettait que les grands défauts de son "premier" album ici n'étaient dus qu'à des questions de limitation matérielle, du fait notamment qu'il avait choisi des sonorités électroniques minimalistes. Le Religionnaire s'attendait donc logiquement à ce que Denis ouvre enfin sa housse et fasse rugir sa guitare, à ce qu'il nous balance enfin un de ces grooves dont il aurait le secret, à ce qu'il saisisse ses baguettes et nous balance un de ses fameux rythmes syncopés. Mais toute cette attente, cette impatience pour qu'au bout du chemin surgisse la plus intense des déceptions…
Et oui, Denis, fermement cramponné dans sa légendaire psychorigidité, nous ressort sa valise de sonorités synthétiques des années 80. Rien que ça. Comment ne pas y voir la plus perfide des provocations? Là même ou notre cher et tendre nous dira que son fier courage face à l'adversité n'a pas de limite… Denis nous dit donc à tous qu'il ne changera pas quoiqu'il arrive et remet ainsi en cause toute la dictature infâme menée par la critique à son égard.
Denis est peut-être psychorigide mais il est aussi suffisamment méfiant pour anticiper et compenser la platitude de cet album par un concept qui se veut audacieux : l'Afrique! Une anticipation en appelant facilement une autre, il se prémunit aussi sec d'éventuelles remarques en clamant que son dévouement pour l'Afrique ne date pas d'hier. Denis est un homme charitable mais aussi valeureux soit son investissement pour les enfants africains, le Religionnaire ne saurait être indulgent envers sa musique.
Parlons en d'ailleurs car il se trouve que l'Afrique n'est qu'un prétexte pour nous resservir une musique similaire en tout point à celle de son premier album : Une World Music fade et sans relief. Pas le moindre groove digne de ce nom pour ce qui se veut un hommage au peuple africain. La tristesse de ces instrumentaux est bien regrettable et la présence de ces percussions synthétiques tapotées sur un clavier ne saurait légitimer un quelconque voyage en Afrique où Denis rappelons le, n'est jamais allé. Les mélodies n'attirent tout simplement pas l'attention et le résultat est tout bonnement trop dérangeant pour le classer dans la catégorie trop évidente de la musique d'ascenseur. Tout l'aspect dramatique de ce continent qu'est l'Afrique, à savoir sécheresse, famine, VIH, filariose et autres éléphantiasis ne saurait faire ressentir au religionnaire des sentiments plus pénibles que ceux éprouvés à l'écoute de cet album.
Voilà donc une confirmation tant attendue qu'elle en devenait prophétique : le religionnaire n'aime toujours pas la musique de Denis Richard. Mais il participerait volontiers à hauteur d'un euro à une opération "un séjour en Afrique pour Denis" qui lui permettrait de fouler le berceau de l'humanité comme il dit.
En vous remerciant.