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Dd le malfrat

Metz, France

WyaDd le malfrat

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Albums de Dd le malfrat

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Chansons world pop rock


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( 2 Critiques )

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Accents et couleurs du monde alentour s'offrent en filigrane à travers la néo-chanson sans flons-flons. Appareillé d'acrobaties vocales & de ruptures rythmiques, le spleen des Chansons hétérogènes de Dd le malfrat oscille sur les vagues orchestrées d'un capharnaüm tantôt mélodique, tantôt explosif. Porté par la complicité des notes, la noire violence des mots va crescendo en variations mélodiques intempestives qui soulignent la texture de son champ poétique intuitif, sensible, et libre. Dd le malfrat est auteur-compositeur-interprête, il est né à Noël, et ce n'est pas un cadeau ! À l’âge de vingt ans, André Drouet pose sa plume. Devant lui s’étalent les feuillets noircis. C’était à mi-parcours des années quatre-vingt et il venait de rendre publics ses écrits de jeunesse. ( !) Après ce bilan, il fait le choix délibéré de mettre au pilon les trois-quarts de sa production, appose un « poing final » et se détourne du stylo. Presque deux décennies plus tard, André Drouet exhume les textes qui échappèrent à la destruction et les offre en pâture au lecteur. Depuis qu’il a renoué avec l’écriture, ses nouveaux textes résistent apparemment mieux à son scalpel sélectif. Ils reprennent les thématiques initiales et déroulent une langue enrichie, une écriture maîtrisée. Et entre temps, me direz-vous ? Pour peu que l'on se penche un instant sur l'important dossier de presse où l’artiste et l’artisan culturel se dédoublent sans schizophrénie évidente, tout semble avoir été déjà écrit sur André Drouet. Les articles se décline sur tous les tons, reprenant, comme un leitmotiv radiophonique, les temps forts d'une anti-carrière multiple. Fréquemment ses apparitions scéniques Ligériennes font évènement, et, pendant qu'il multiplie les activités, il prend la mesure des choses et laisse macérer les mots ; mûrir les mélodies, et les accords. L'image, il l'a construite lui-même, traversant l'insouciance créatrice des années quatre-vingt & surmontant l'anémie et le stress de la décennie suivante, avec la musique comme étendard, à coup de butoir romantique, agissant en nocturne, sabre au clair à l'assaut des "politiques culturelles" et de cette chanson française qui n’en finit pas d’être «  nouvelle »… L’homme et l’artiste, vaste sujet. Idéalement un, schizophrénie évidente pour peu que l’on se situe plus prosaïquement dans le réel. Homme nourri de détermination, il devint tour à tour ou en même temps, auteur, menuisier, compositeur, créateur d’entreprises, père célibataire, jardinier, administrateur et animateur associatif, producteur de disques... Et doit à l’une de ses aventures, l’Association de Malfaiteurs qu’il présida sept années durant, son surnom de « Malfrat ». Et si celui-ci lui colle à la peau médiatique, c’est peut-être parce qu’il lui va comme un gant et qu’il laisse à découvrir à ceux qui grattent sous les apparences, toutes les semences qui alimentent son jardin. À la volonté de ne pas plaire à tout prix, se mêle l’impossible quête d’une séduction la plus ample possible qui lui permette d’accueillir sous sa coupe le plus grand nombre. Côté pile, côté face… Homme des paradoxes, André Drouet est un écorché vif. Rocker solitaire hantant les recoins de la ville, il en a tiré des textes vrais : on s’aime, on boit, araignées au plafond et amertume au coin des lèvres. Musicien aux impulsions vives, il se transforme en poète raffiné lorsque le verbe l’étreint. La pureté des mots frappe, juste, dans ces explosives « fleurs du Mal ». Patiemment, il s’empare de ces envolées de l’âme pour les apprivoiser. Surgies du tumulte des émotions, les syllabes s’agencent, sautillent sur la partition rigoureuse de ce bêcheur de mots. Hybrides les petites merveilles qu’il fait éclore sont la marque d’une écriture tout en clin d’œil et en pudeur contenue. Le style est généreux, et le rythme intérieur des phrases donne à entendre une langue qui chante. Mais, au-delà de l'expression mélodique qui s’exprime pleinement sur scène, André Drouet connaît l’art de susciter chez l’auditoire l’envie de s’approcher du texte brut, hors du contexte musical. Ce qui échappe à l’écoute rapide s’impose à la lecture : on se laisse prendre au jeu constant instauré entre les multiples significations des mots. On découvre alors une autre facette du personnage, amoureux du son de la langue, jongleur avec les ponctuations, passeur du rire aux larmes. De ses éclats satiriques jusqu’à ses virulences existentielles, il dépeint un rapport à l’humain fait d’anecdotes baroques et de lucides observations de « ce monde alentour ». Le constat est souvent amer, tendre parfois, délicieux et drôle surtout. Face aux mots, on peut se détourner. Ceux-là me touchent par la note incisive qu’ils laissent derrière eux. Ancrés dans leur époque, ils sont dans la lignée des Gainsbourg et Bashung. C’est beau. Ça sonne ! Un écrit qui s’entend. L’essence de la poésie. Sur “ le plancher des vaches ”, la voix de ce ténor aux surprenantes variations dynamite les étiquettes musicales. André Drouet se réapproprie ses propres « bribes de textures mélodiques» pour mieux nous les interpréter. Il glisse sur le fil du rasoir, entre émotion et sincérité. Pendant la traversée de son recueil et à l’écoute de son album, le lecteur-auditeur pourra se laisser porter par les mots. Drouet livre simplement ses sentiments en lignes chaotiques, inventives et libres. Sylvie Milczach Biographie tirée de la préface du recueil « Les fleurs du Mal, jamais fanées sont en plastic ! »






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