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orlando

toulouse - paris, France

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chanson theatre dejante texte comedie

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nous nous plûmes

nous nous plûmes

chanson française


chanson theatre dejante texte comedie realiste francais

( 18 Critiques )

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Orlando. Facile de dire ce qui a changé, même lorsqu’on ne les a jamais entendus auparavant, car on ne parle que de ça. Ils étaient trois, les voilà cinq et pour longtemps, dit-on. Trois voix – une sèche, feuille morte, gorge râpée ; une claire et forte, douce à volonté ; une lente et tiède, à son aise dans le fausset – un piano et un accordéon, quelques accessoires à l’occasion ; c’était bien, mais il manquait quelque chose. Avec une contrebasse pas toujours conformiste et une batterie pinceaux-baston, le compte est bon. Car Orlando, c’est (presque) plus un monde – le nôtre, vu par le travers avec des binocles tordues – qu’une question de musique. Un ton, hasardent les uns, ne sachant comment dire ; une ambiance, proposent les autres, ne faisant guère mieux. Et le monde, le ton, l’ambiance Orlando tiennent somme toute à un petit nombre de choses. Trois personnalités, d’abord, aussi variées que les voix qu’elles portent. Qui échangent volontiers rôles, instruments, sexe, baiser et place devant le micro. Qui se donnent à voir et à entendre dans tout l’espace de leurs émotions. Qui aiment jouer théâtre autant que notes. Qui boxent. Qui caressent. Qui se lâchent avec réserve, se retiennent avec fureur et même parfois l’inverse. Pas lisses, non, mais limes fines, rognant ou affûtant l’aspérité avec un doigté de virtuose. Des textes, ensuite. Une plume n’y retrouverait pas ses lettrines. On y dégotte des tendresses de Pierrot lunaire et des fards de fausse rosière ; des révoltes à pleine gueule, à pleines dents, dont la morsure parfois ne se fait sentir qu’après coup ; des tristesses insondables (elles le sont toujours), des bonheurs inébranlables ; des délires à neurone pété, la raison bas mussée, attendant que passe l’orage. Des timidités de commode, des tentes au bord d’un canal parisien, la petite dernière et grande merdeuse, les gourmandises de l’amour, toutes les morts et un lapin branché à un ordinateur. La vie, entre mots crus et mots choisis. Une ambiance, enfin, puisqu’il n’y a pas d’autre mot. Sonore. Jazzy cool ou balancé, hispano-mauresque, franco-intello ma non troppo, envolé, romantique, rigolard, voilà pour le style. Pour le reste : des clapotis, onomatopées, grondements et autres joies de bouche ; des glissandos (ah : dit-on un glissandi lorsqu’il y a plusieurs glissandos ?) foutraques, mailloche sur les cordes, pizzicati et dégringolades au long du manche de la contrebasse ; des toms qui cognent quand on ne les a encore entendus que froissés, qui chuchotent, suçotent et sursautent entre deux friselis cachés de piano à bretelle ; trois pouêts de clarinette, un ric-ric exotique. C’est nocturne et éclatant tout à la fois, un soleil encadré de nuages violets, goût fraise au vinaigre. Jacques-Olivier Badia lecloudanslaplanche.blog.fr






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