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J'ai fondé zero en m'installant à Berlin, vers 2000-2001. Je passais mes nuits en autiste dans ma chambre sur mon magnéto 4 pistes. Au bout d'un certain temps, quand j'ai eu assez de chansons, j'ai passé des annonces. J'ai d'abord rencontré Johnny, qui ne savait pas jouer, mais avait l'air bien cool. Puis Susanne, qui ne savait pas jouer non plus, mais prétendait que si. Ca me suffisait. Après, tout est allé assez vite. J'ai claqué toute ma thune dans un ampli et je me suis barré de mon appart, factures au cul. J'ai emménagé chez Johnny dans un trou à rat comme il y en avait encore à Berlin. Y avait des champignons grands comme des mains qui sortaient des murs. Il dormait la nuit, moi le jour. La nuit, je mixais ce qui allait devenir notre première démo. Une fois finie, on l'a envoyée à tous les labels allemands. Trois jours plus tard j'avais un message d'EMI sur mon répondeur, comme dans les bios des groupes de légende. Le deal ne s'est pas fait, car le directeur artistique qui nous avait repéré s'est fait virer quelque temps après, comme à peu près la moitié de la boîte. Finalement, c'est avec un gros tourneur qu'on a signé, 'Scorpio Konzertproduktionen'. On a trouvé un batteur en catastrophe, et on est parti à Hambourg signer le contrat. Avec Scorpio c'était comme avec une major : tournées en "nightliner", studios haut de gamme. Un peu trop vite pour nous. Sur scène, difficile de juger soi-même, mais je crois qu'on était loin d'être au point. En studio, on a essayé deux producteurs, plutôt renommés, mais les résultats n'étaient pas à la hauteur des attentes de Scorpio, et des miennes non plus. Ils ont essayé de nous vendre à des labels, sans succès. Bref au bout de deux ans ils nous ont lâchés. On a encore fait une tournée avec une autre boîte, mais j'y croyais plus trop. On a perdu notre batteur et c'était fini.
Pendant pas mal d'années j'ai losé, j'ai fini par prendre un job. Et puis l'envie de faire de la musique est revenue quand je me suis mis au français. J'ai essayé un peu au hasard d'adapter des vieilles chansons et ça a fait clic. Ca avait l'air de marcher. Ca m'a ouvert de nouvelles perspectives. Du coup j'ai enregistré une nouvelle démo. Celle-là, pour la première fois, j'en suis fier. Après tant de ratés, j'ai fini par apprendre comment on fait. Du coup, zero renaît, advienne que pourra.
Voilà, j'ai pensé que ça valait mieux qu'une bio à la troisième personne déguisée en chronique bidon, comme on voit partout, du genre 'zero, un univers unique, avec de la basse, de la batterie, et de la guitare, et aussi des paroles trop profondes, et une voix trop puissante...' mais ça, c'est à vous de juger !
Bonne écoute,
Adrien
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