Paroles
Encore une nuit qui passe, comme on grille une cigarette,
A n'attendre que la fumée qui s'aspire et se rejette,
Je déambule au hasard.
Tout autour, il y a la ville, qui dresse vers le ciel ses membres figés,
En acier,
Je les évite et marche vers la mer.
On y voit des reflets d'or quand sa surface est lisse.
Moi, je suis comme ces vieux murs en pierre,
Peu a peu dévorés par les pilastres métalliques, des nouvelles mégapoles,
Qui se bâtissent, en châteaux de cartes de crédit,
En châteaux de cartes de crédit.
Je me pose à l'endroit qui rejoint la mer,
Comme une frontière.
Je l'aperçois, à l'ombre d'un rocher,
Peut être une sirène échouée,
"Serais tu le remède à mon ennui ?",
Elle me sourit, baignant dans une eau noircie au mazout.
"Ça pue ici", j'ajoute.
Son sourire se fige, et sa silhouette s'enfonce inanimée,
Noyée dans tout ce que la ville dégueule,
Ce que la ville dégueule..
Tout est calme,
Un calme qui fait peur.
Je pense une dernière fois à mes espoirs gâchés
La nuit est déjà passée,
Bientôt un soleil de plomb éclairera le ciel
Qui pourrira, en un rouge brasier.
Tout va se mettre en branle,
Et ma dernière clope, vient de se consumer