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Paroles
Paranoïa.
Je peux pas dire que je broie du noir
Non plus que mes nuits soient blanches
Je fais toujours des cauchemars
Je traîne au lit tous les dimanches
C’est toujours si difficile d’en parler
Je ne sors plus ne vois personne
Je me défile comme un seul homme
Et je crée des combines pour éviter mes rendez-vous.
J’ai quitté la ville et ses environs
Je me réserve un coin peinard
Dans le dédale de vos horizons
Je suis une luciole dans le noir
J’attends tranquille que la nuit descende
Et je file à pas de loup
Dans les artères désertes des veines de vos villes.
Il n’y a plus un chat à cette heure-ci
Les rues sont désertes à perte de vue
Aussi loin que se perd au loin ma vue
Se fondent mes illusions perdues
Puis dans la lumière des cafés noirs
Je viens brûler mes ailes, parler de ma solitude
Avec les piliers du comptoir
Je refais le monde
Rendez-vous compte un peu
Dans quel implacable guépied
Dans quel effroyable merdier
Dans quelle étrange ambiguïté
Nous avons les deux pieds ?
Je sais pourtant qu’il n’y a plus rien à faire
Ici c’est marche ou crève on crache sur la misère
Une société d’élite mais qui n’a pas de couilles
Qui ne laisse guère le choix, nous condamne à la guerre
Je contribue toujours à la création du monde
Je cultive mon jardin pour que la joie m’inonde
De sa douleur acide quand elle n’est pas là
De sa douceur agile quand elle est près de moi
Je peux pas dire que je broie du noir
Non plus que mes nuits soient blanches
Je fais toujours des cauchemars
Je traîne au lit tous les dimanches
C’est toujours difficile d’en parler
Je ne sors plus ne vois personne
Et quand le téléphone sonne
J’en m’enfouis sous les draps je perds confiance en moi
Je sais pourtant qu’il n’y a plus rien à faire
Toujours faire et refaire mais toujours en enfer…
Rendez vous compte un peu
Dans quel implacable guépied
Dans quel effroyable merdier
Dans quelle étrange ambiguïté
Nous avons les deux pieds ? David Law Juin 1999