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La pochette donne le ton : univers BD/Manga à la Coheed and Cambria; titre plutôt sombre et ambiance "conceptuelle". Et c'est une heureuse découverte que ce petit album fait maison, entre post-rock et metal moderne, où se télescopent les influences (revendiquées) de Tool,Alice in Chains et, bien sûr, Coheed. Quelque chose du Three de "The End has begun" aussi, dans le morceau d'intro lent et sombre, ou de The Welder Bones dans le mélange post-rock/prog métallique. Un bon dosage d'arpèges inquiétants et de sons de double pédale ("Screaming clouds", "1977" - quelle belle année). Au niveau des moins, on dira que le son est un peu sourd (l'enregistrement sur ipad ?), que l'ensemble manque de chant (par rapports aux petits copains Three et Coheed, c'est flagrant, d'autant que le morceau d'intro nous laisse espérer un filet de voix intéressant à la Layne Staley). On dira aussi que rythmiquement, c'est un peu plat parfois ("Fearworks", "The man..."), évoquant plus un IQ ou un Arena moderne que les fantaisies de Tool, d'Opeth ou de Porcupine Tree. Mais tout cela est bien en place, et plus que prometteur !

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Southman - SHUT UP & PLAY NOW !

Southman

SHUT UP & PLAY NOW !

08/02/12

Si Southman nous présente son nouvel album comme étant un peu décousu, une écoute bienveillante en révèlera au contraire l'éclectisme et une volonté plus grande qu'avant de s'affranchir des contraintes formelles. Humblement jazzy, peu technique mais toujours vibrant, le jeu de Southman bavarde, raconte, chuchote au gré des pistes. Un excellent "Crumble", plus électrique que d'habitude, ouvre le recueil, avant de nous laisser nous balader dans les différentes humeurs. Au rayon des nouveautés : de la guitare (The pianist..."), une récitation de Daisylis tout en retenue, et l'intervention étonnante de Cire de Sacub, qui se fond à l'ensemble bien mieux que je ne l'aurais supposé a priori (pas vraiment une nouveauté, d'ailleurs, puisque le morceau figure sur l'opus 1 de Sacub & co.). Tout cela apporte un piment bienvenu à l'ensemble (là, je parle surtout pour moi : un album entier d'errances pianistiques, c'est trop long pour ma pomme, désolé !)

En somme : bien agréable, très chaleureux et émotionnel !

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Du Bellay en pop music ? Ah oui, bonne idée, je prends ! Trois titres modestes et finement ciselés qui mettent bien en valeur la qualité de la langue du poète angevin, et réussissent le pari jamais évident d'interpréter des textes si anciens. L'ambiance est très "pop française 70's", dans les voix, les guitares, les arrangements : pas forcément un style que j'affectionne particulièrement, mais là, il faut reconnaître que le projet s'y prête (davantage que, je sais pas, de l'electro, par exemple). Mélodiquement, c'est également très bien fait. Une bonne initiative qui appellera, j'espère, une suite !

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"I am free" nous ramène là où "Gorgeous sins" nous avait laissés (je sais, j'ai manqué des étapes...) : slam marmonné sur une musique ma foi assez accrocheuse, avec quelques sonorités psychédéliques m'évoquant la steel guitar de Yes, alors que des claps plutôt froids nous renvoient à la modernité.

La suite est tout aussi intéressante, oscillant entre plages méditatives ("A skin", "Friendship", qui me rappelle le "Vespertine" de Björk, ou l'inattendu "Waves are flying", charmant), slam inquiétant ("Bloody want you by") ou expériences funky (l'excellent "Echo of the justice hammer" et son intro délirante). Certaines plages me parlent moins, ancrées dans une culture qui m'est vraiment étrangère ("Knowledge or witnesses", "Under the dance floor") - cela dit en toute subjectivité.

Je conseillerais cet album de Creix à qui voudrait découvrir son univers, car il me semble que c'est le kaléidoscope idéal présentant les différentes facettes de cet artiste prolifique. Encore un très bon cru !

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Sacub & Co. - Opus 2

Dès l'introduction, solennelle à souhait, mystique peut-être, on sait de qui il s'agit - et on sait que ce sera énorme ! Une structure alambiquée, pas facile à appréhender, mais séduisante; des moments de profonde mélancolie; une batterie peut-être superflue.

Le reste de l'album n'est pas en reste, loin de là ! J'ai fait l'expérience d'écouter une première fois sans regarder les titres, simplement en sachant vaguement qui avait participé à cet opus 2 : eh bien, j'ai reconnu presque tous les musiciens accompagnant Cire, ce qui prouve à quel point chacun a maintenant une "patte" identifiable sur Jamendo ! Southman, épuré et nostalgique, Yvalain, folk, mélodique et lumineux, Scratch.L., d'un minimalisme fascinant, Dom, toujours protéiforme, et un Piano de la Tour étonnamment sobre. En ce qui concerne Alpha Hydrae (que je ne connaissais pas), même si je partage sa méfiance envers la perfection ("qui de toutes façons n'est pas de ce monde, blablabla"), les "pains" m'ont parfois un peu gêné dans le contexte d'un album au son par ailleurs très bien léché : ça tranche un peu avec le reste. Par ailleurs, j'apprécie beaucoup ses velléités de multi-instrumentiste, les partageant moi-même !

Quant à la voix, pardon, aux voix, est-ce une certaine confiance, apportée par la réception exceptionnelle de sa musique sur Jamendo, il me semble que Cire se révèle beaucoup plus sobre sur cet album que sur l'autre Sacub & Co. ou Shamatronic. Moins démonstratif, moins omniprésent, sachant laisser de l'espace à ses compagnons de route. Evidemment, l'ensemble en gagne en cohérence et en profondeur, même si c'est bien lui le "chef d'orchestre", celui qui "impose" (mais en toute subtilité, sans violence) sa griffe à l'ensemble des musiques, y jetant des reflets que l'on appellerait bien "gothiques" si le terme n'était pas si galvaudé aujourd'hui. Quelques fulgurances pop par-ci par-là, qu'on verrait bien durer un peu plus longtemps parfois, (le morceau d'Yvalain) montrent également un talent mélodique jusque là insoupçonné.

Bref, en plus de proposer (et ce n'était pas sans mal, d'après ce que j'ai pu lire) un album de collaborations aussi éclectique que dense, Cire de Sacub produit ici un voyage à travers toutes sortes d'émotions qui ne peut laisser indifférent. Longue vie à Sacub & Co. !

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Dès l'introduction, on sent que ça va être grand, que dis-je : énorme ! Oui, énorme, je le répète, tant dans le concept que dans la volonté de brasser les cultures, les époques, les sons, dans une sorte de fusion généreuse, et jamais (rarement) grandiloquente. Une prédominance bienvenue des sonorités moyen-orientales (voire extrême-orientale, sur "Mister Xiao..."), un travail remarquable sur les percu ("Al Sufi" et sa darbouka très réaliste, "Trying to restore peace", "Beware of the fools", et bien sûr l'étonnant "Struggle for life", un de mes morceaux favoris). L'occident n'est pas en reste, et est présent dans les nombreux sons d'orgue ("Christophoros", le bienvenu hommage à Scarlatti, etc.), les orchestrations puissantes et les choeurs (l'impressionnant "Imperial glory") - un déploiement de claviers digne de Rick Wakeman, l'aspect démonstratif en moins.

Tout cela donne l'impression d'une bande-son épique pour un film digne de Cecil B. de Mille, un film plein de rebondissements, de bataille, de costumes et de décors grandioses... Une grande réussite, un de mes travaux préférés de Dom the Bear.

Hautement recommandable, évidemment !

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Daisylis a trouvé avec la musique de Southman et les arrangements d'Yvalain un bel écrin à ses récitations, un écrin vivant, en réaction discrète mais constante aux textes. Ambiance intimiste garantie, plus encore dans les morceaux piano/voix qu'avec les autres sons de claviers. Autre chose que j'aime, le fait de faire appel à différentes langues comme à différentes époques, mêlant ainsi l'anglais à l'espagnol, le polonais au français ("Viens dans les étoiles", par son thème et la diction, me rappelle Ange - et il me semble d'ailleurs que c'est un texte que notre conteuse préférée avait déjà interprété ailleurs), tout en faisant un détour par l'italien du Moyen-Age... Qui dit mieux ? Et j'aime décidément beaucoup la diction de Daisylis en espagnol, ainsi que les sonorités peu habituelles du polonais. Seul bémol à mon avis, les synthés baroquisants de "Voi que per li" (magistralement interprété par ailleurs), avec cette boîte à rythme un brin incongrue...

Pour conclure, je dirai que de toutes les expériences "spokenwords", celle présentée ici, avec le piano subtil et humble de Southman, est une des plus probantes, une des plus naturelles. De là à espérer une suite, il n'y a qu'un pas !

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Hu Creix - Gorgeous sins

Hu Creix

Gorgeous sins

13/12/11

Chaque album de Creix est un voyage, plein de méandres et introspectif. Un style aisément identifiable, mais des albums présentant à chaque fois les petites touches de nouveauté qui vont donner envie d'y revenir.

Sur "Gorgeous sin", les voix parlées ont remplacé les samples des premiers albums, avec un timbre qui rappelle parfois le Bowie le plus dépressif ("The no soul man", par exemple) ou évoquent, sans l'aspect "rap", Massive Attack première période (le moite "Hydro key" et ses marmonnements entêtants sur fond de rythmiques presque reggae me rappelle les nuits à écouter "Karmacoma" en boucle). Musicalement, c'est toujours beaucoup de lenteur et de précision ; il faut se laisser prendre à ces longues errances finement ciselées. A cet égard, "The no soul man" est un petit chef d'oeuvre de traitement des percussions (sur ce morceau, j'ai pensé, mais c'est sûrement un hasard, au travail de Samael sur "Era one"). Interventions bienvenues également du sax, utilisé avec parcimonie. Tout est dans le dosage dans l'univers de Creix; c'est vraiment ce que j'aime.

Au final, un album pas si facile que certains commentaires pourraient le laisser entendre, mais qui sort largement, une fois de plus, des étiquettes "electro", "trip hop" ou autres... C'est du juste du Creix, et du très bon !

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Oui, cela a du sens de réciter ce poème aujourd'hui. Poème panthéiste, dans le quel le jeune Rimbaud exprime sa nostalgie du paganisme antique, détruit par un christianisme bouffi d'interdits et de moralité sclérosée - tout cela à grand renfort d'érudition mythologique, réminiscences d'Ovide ou d'Hésiode. Poème d'un autre temps, sans doute, mais correspondant bien, avec un peu de recul, à la décadence contemporaine.

Il ne s'agit pas, évidemment, de disserter sur le texte de Rimbaud, plus connu pour des poèmes plus "modernes" (celui-ci a quand même un parfum de classe de rhétorique, difficile à assimiler pour beaucoup d'auditeurs contemporains, sans doute). Je fais partie de ceux qui trouvent réussie l'interprétation du texte, sobre et nostalgique, mettant bien en valeur ce "catalogue" et les différents mouvement du texte (malgré les conditions d'enregistrement, très "camping" en effet !). La musique est un remarquable écrin à cette petite symphonie, discrète mais évolutive. Onac est décidément un musicien qui aime surprendre, car ces longues plages étirées sont à mille lieues des guitares stridentes de "Bienvenue", le précédent maxi.

"L'homme est triste et laid", oui, sans doute. Mais le texte est beau, et la musique aussi. Moi, ça me suffit.

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Un single hypnotique et original, en adéquation parfaite avec la pochette proposée ! Dimitriy Samoylenko a su éviter les clichés habituels de l'electro spatial pour proposer une ambiance raffinée, qui collerait bien à un documentaire. Un petit regret : les loops qui se font un peu envahissants à la longue, au détriment des passages plus mélodiques qui séduisent au début du morceau.

Très recommandable, en tout cas !

 

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Informations personnelles

Mon premier traumatisme musical, quand j'étais ado, a été le Genesis des 70's. Il a été suivi par de nombreux autres, peut-être moindres mais non négligeables, qui m'ont emmené de Dead Can Dance au doom/death metal. Après, ça s'est diversifié : rock et metal bien sûr puis, au hasard des rencontres et des voyages, musiques ethniques, chanson française, quelques gouttes de jazz et de musique classique - ainsi qu'une fascination bizarre et inattendue pour la musique baroque (Purcell, notamment). Un peu d'electro et de reggae de temps en temps, surtout depuis que je fréquente Jamendo. Il n'y a guère que la variété aux velléités trop ostensiblement commerciales que je refuse en bloc. Le reste, je suis toujours prêt à écouter ! J'ai joué du clavier dans diverses formations (allant du heavy metal au funk) mais, curieusement, j'ai attendu très longtemps avant de me mettre sérieusement à enregistrer ma propre musique (alors que j'écris des chansons depuis des millions d'années)... Un peu par hasard, j'ai troqué mon vieux clavier contre une guitare et une basse et, alors que j'apprenais tout juste à jouer de ces instruments, j'ai commencé à diffuser mes trucs - et ça ne s'est pas arrêté depuis ! Mon idée, c'est de mélanger la musique de mes vielles amours aux sons que je découvre lors de mes voyages, et c'est ça qui donne le style "bk", étrange, un peu bancal parfois, mais toujours sincère et passionné.