Comme tout cela est délicieusement chantourné, le maigre interet de fond est magnifiquement enrobé par des artifices chers aux années 80 dont certains sont clairement inspiré de notre ami : l'élu Jean Jacque Goldman...
L'exploit est d'avoir réussi à rendre un produit accrocheur, car oui, cette musique saisit le cortex temporal l'espace d'un instant. Les mélodies sont efficaces et les titres bien arrangés. En revanche, l'audace et la prise de risque sont aussi inexistantes que sur un album de De Palmas, si bien que l'on est amené à zapper après avoir globalement intégré le schéma rythmico-mélodique des chansons. Et ce n'est certainement pas la richesse des paroles qui arrange ce phénomène. Ces textes sont à l'image des mélodies : efficaces, immédiats mais faciles prévisibles et parfois franchement ridicules.
Malgré tout le Religionnaire tire son chapeau pour ce magnifique travail de mise en valeur...
Quel bonne surprise que ce grunge de province! Surtout quand il est dissonant et flangerisé, car sinon l'originalité n'y est pas vraiment. Le chanteur, véritable écorché vif, ou égorgé vif parfois, convient parfaitement et s'avère un descendant cobainien plutot réussi. Rien à signaler au niveau de l'execution instrumentale si ce n'est un leger brouillon par moment, mais pour l'essentiel c'est très convenable.
Au niveau de l'agencement du matériel, les titres sont malheureusement trop nombreux, et certains sont loin d'etre indispensables. Un album plus court est souvent préférable, quitte à en faire deux si l'on veut vraiment tout refourguer ici.
Attendez vous à ce que l'on vous reproche un manque d'originalité. Non pas que les autres artistes le soient plus que vous ici, mais meme chez les abrutis sans réelle culture musicale (Dieu sait qu'ils sont nombreux ici), Nevermind est bien connu...
Miami Vice, Miami Vice... Sous sédatifs peut-etre...
Tout cela semble un peu facile mais le minimalisme est cultivé de façon plutot habile. Les passages à conserver sont à l'évidence ceux où les accords sont plaqués, avec un résultat harmonique franchement plaisant. Le reste est peut-etre trop suspendu, trop dans la retenue.
Bonsoir à tous.
mob fonce toujours tete baissée, muni de ses oeillères et de ses boules quiès, pour nous éxonerez un nouveau single qui bat tous les records. Il tient cette fois plus de cinq minutes avec ce "jalousie jalousie jalousie, jalousie tu complique ta vie" qui doit etre répété une bonne dizaine de fois, le tout devant etre multiplié par deux avec la deuxième et inutile version, simili de fausse face B. Autant dire que le plaisir ne reste pas intact du début à la fin.
Face à cette course desespérée contre ADC Level qui laisse de coté aussi bien la santé de l'auditeur que celle de la planète, le Religionnaire prete un serment décisif : chaque nouveau produit estampillé "mob" s'accompagnera de sa critique religionnarienne et d'une astuce de la vie quotidienne proférée par notre gourou.
Voici pour aujourd'hui :
Méthode anti-pied qui pue no2 : se rendre en pharmacie, acheter du Pevaryl poudre, rentrer chez toi et saupoudrer délicatement le fond de ses chaussures avec la mixture. L'action anti-fongique du produit fera le reste...
Cette musique semble mobiliser des efforts démesurés pour se rendre insupportable et inaudible, mais n'y arrive qu'à moitié. Le narrateur possède une voix interessante par son caractère tranchant, penetrant, et les plans guitaristiques sont finalement assez séduisants.
Le résultat sonne comme une coupe déstructurée et fixée avec un gel bas de gamme à fixation ultra forte : ça tient plutot bien en début de journée mais le temps fait rapidement son effet si bien que le crépuscule est quelque peu indigeste.
Celà dit on peut ici pretexter à de l'expérimental dans le bon sens du terme soit quelque chose d'audacieux, d'aventureux et d'interessant musicalement parlant (et apocalyptiquement parlant aussi).
On se croirait à l'époque psychéédélique où le label "expérimental" était assimilé à un systématique "progrès" et donc pretexte à toutes sortes de divagations dont l'interet était tout sauf musical.
Ainsi, ce titre possède un interet certain qui n'est certainement pas musical. Ces élucubrations guitaristiques indianisantes sont certes fort bien éxecutées, à grand renfort de guimbarde mais il suffit de se reporter un minimum sur ce qui a été fait à la fin des années 60 pour réaliser que l'on y retrouve la meme chose à la note près sur des dizaines, voire des centaines d'albums de cette époque psychédélique.
A cet interet musical proche de zéro s'associe un interet textuel bien supérieur en apparence. Ce jeu de paire entre des rimes en "tion" et en "ique" peut paraitre subtil et spirituel au premier abord et s'avère effectivement bien senti. Mais tout cela est-il suffisant pour pallier au faible interet instrumental du titre? Et bien non, pas pour le Religionnaire.
Le monde psychédélique de sacage est surement très recherché et plein de significations mais le Religionnaire rétorquerait qu'il ne faut pas en oublier pour autant d'etre accrocheur. C'est malheureusement sur ce point que sacage reste pour l'instant inoffensif.
La solution? Devenir réellement schizophrène, prendre davantage de LSD ou les deux...
Cette musique n'est pas faite pour rire, c'est le moins que le Religionnaire puisse dire. On y retrouve les délicieux parfums d'une époque d'ores et déjà révolue : celle de la pop metal des années 80, époque où les hardeurs (oups ça c'est pour le cinéma), enfin les hardos aimaient à se déguiser à la façon du glam de la décennie précédente (époque également révolue). Mais laissons les tribulations de blondes décolorées pour parler de musique, car qu'il s'agisse de pop metal, de hair metal ou encore de hard rock fm, ce qui compte reste la musique.
Les mélodies, à défaut d'etre complexes, sont claires et meme parfois clairvoyantes. Le Religionnaire aurait aimé à clamer l'odieusement prévisible, or il n'en est presque rien. Il tire d'ailleurs son chapeau à l'équipe basse/guitare dont l'execution est fort plaisante meme si quelque peu laborieuse sur quelques passages rapidement oubliés. La basse est audible, ce qui représente déjà un admirable exploit dans ce genre de musique. Quant aux guitares, elles représentent vraiment ce que le groupe fait de mieux et tirent ainsi cette joyeuse bande vers le haut, jusqu'à la fameuse limite.
Cette limite, est avant tout fixée par la voix qui ne correspond absolument pas à ce que l'on est en droit d'attendre d'un tel groupe. Certes, le dégoulinant a ses adeptes mais le reste de la bande semble aimer à sonner "méchant" et le fait de façon presque jubilatoire et somme toute admirable. Le Religionnaire en vient donc à recommander cet aimable groupe de troquer son chanteur miello-mélodique pour un vrai bad boy. Meme notre ami théatral Bruce Dickinson (et sa tirade spirituelle : "seul les bons meurent jeunes, tous les méchants semblent vivre à l'infini"), véritable chanteur d'opéra à ses heures, reste un chanteur agressif et méchant. Mais l'énergumène que l'on entend ici est non seulement inoffensif, mais déraille odieusement dans les aigus, gachant les délicieuses escalades de riffs de ses compères gratteux. Comme tout cela est regrettable, meme en se noyant dans la reverb il ne parvient pas à se donner la moindre ampleur.
Le Religionnaire en vient à demander s'il ne serait pas possible d'avoir une version karaoké, sur laquelle il pourrait profiter au mieux de ces excellent instrumentistes.
Enfin le Religionnaire fournira en échange le dernier tome de son manuel de diplomatie : "L'art de savoir virer son chanteur sans l'amener à l'overdose".
En vous remerciant.
Que voit donc le Religionnaire en cette après midi d'été? La délicieuse frimousse d'un enfant, fermement crampé sur son amiga et en proie à des divagations musicales qui réapparaissent enfin ici...
Cet enfant n'est pas n'importe lequel. Melchiades, alias Melki pour les intimes ou les critiqué est effectivement un critiqueur de renom sur jamendo, qui slalome avec finesse depuis quelques temps avec des critiques dont la pertinence et la patience sont probablement ce qui se fait de mieux sur Jamendo.
Mais à partir d'aujourd'hui, plus rien ne sera comme avant puisque Melki rentre officiellement dans la caste des critiqueurs/musiciens de jamendo. Un tel role, foi de Religionnaire, n'est jamais facile à tenir, non pas seulement parce qu'il ouvre la voie à des acte vengeurs et détestables, mais surtout car il doit faire appel à une estime de soi sans faille. Désormais, Melki jugera, tout en etant jugé.
Ce bon Melki a longtemps hésité à poster ses efforts de jeunesse sur Jamendo. Quand on entend certains produits libres, on se dit que certains feraient bien d'etre effectivement plus selectifs... Mais Melki n'est pas selectif, il est tout simplement un homme exigent. En postant quelques titres sur myspace, l'homme a pu se faire une idée, notamment celle du Religionnaire, sur certaines de ces oeuvres de jeunesse fort réjouissantes dont l'interet est bien plus que documentaire.
Si la qualité sonore n'est pas la force de cet album, elle n'empeche pas de constater immédiatement que Melchiades est un excellent compositeur, dont le symphonisme ambitieux s'exprime à merveille sans pour autant réfréner un penchant équivalent pour l'instinctif et l'immédiat.
Avec Melchiades, jeunesse n'est pas synonyme d'immaturité (du moins pas musicalement, pour le reste c'est à découvrir) car l'artiste manie les thèmes et les structures comme un chef (ou comme un ado qui ne fout rien d'autre, à l'école notamment). Il compense l'étroitesse de sa palette sonore par une utilisation marquée des contrastes et des contre-temps pour donner à ce qui aurait pu n'etre qu'un vulgaire amalgame de musique de jeux vidéos vintage un caractère profond et cosmique.
Heureusement pour tout le monde, rien n'est parfait et notre Melki sait aussi etre barbant sur certains passages, notamment certaines segmentations hasardeuses. On le sent s'enfoncer, à la manière d'un jeune enfant préoccupé par son avenir, dans quelques trou noirs planants et rébarbatifs.
Alors Melki est-il aussi bon musicien que chroniqueur? Probablement.
La Pologne s'affirme depuis le début du siècle comme la nouvelle patrie mine d'or du progressif sous toutes ses formes (quoiqu'essentiellement planant).
Ce rock polonais n'est pas franchement planant mais plutot sombre et complexe, notamment sur le plan rythmique ce qui fait immédiatement soupçonner une nette influence crimsonienne. Les dissonnances sont plutot bien gérées, un peu à la manière d'un Steve Howe sous Ritaline, preuve qu'hyperactivité et concentration ne sont pas incompatibles.
Le grand gagnant sur cet album n'est certainement pas le football dont les membres semblent raffoler (foot et prog ne sont pas non plus incompatible apparemment) mais plutot le guitariste qui étend son spectre sonore de façon habile mais parfois trop proéminente.
Hélas, hélas, une certaine anarchie instrumentale, fièrement revendiquée, vient ponctuellement gacher ce qui aurait pu n'etre qu'une bonne surprise. Cette nouvelle mode à la Mars Volta va meme jusqu'à mener la délicieuse complexité vers une regrettable cacophonie, le tout à grand renfort de processus electro à type de boucles rythmiques et de désagréable synthés en tout genre.
Dommage pour le plaisir mais bravo pour l'originalité...
A voir la pochette, le Religionnaire est logiquement en droit de s'attendre à de la musique affirmée, or il n'en est rien. Nous avons ici à faire à une incontinence de timidité et à une impossibilité de sortir de SACAGE (il fallait le faire). Le manque d'affirmation empeche ainsi clairement l'humour de se révéler (il semble y en avoir pourtant, de l'humour), et en dehors de l'humour, il n'y a pas grand chose à chercher ici.
Tout cela n'est d'ailleurs pas vraiment de la musique. Une guitare est grattée comme un instrument rythmique sans que la qualité sonore ne nous permette de percevoir l'harmonie d'un accord, qu'il soit reggae, punky ou blacky.
Heureusement, le dernier titre vient relever le niveau malgré ses airs de "déjà entendu".
Pour synthétiser, il manque donc de la musique, de la qualité sonore et de la confiance testiculaire.