Surprenante au premier abord, la musique d'Assek se veut travaillée dans le sens de l'émotion. Tantôt rigolard avec des titres un peu opportunistes comme " Quotidien " ou " Jean-Patrick ", tantôt profond et sensuel avec " Illusions ", Assek évite assez facilement le piège de la variété facile et bon marché en important dans ses morceaux des percussions intéressantes ou encore quelques parties de cuivres fort bienvenues. On remarquera également les superbes parties d'harmonica sur " Tu fumes, t'assumes " et les grosses guitares sur " Ma petite poupée ", le tout conférant à l'ouvrage une certaine chaleur. Quand la basse s'embrase se met à fumer, on en arrive à des morceaux impressionnants comme " Le froid du matin " ou " Trop sectaire " qui en imposent par leur sens précis du groove. On saluera le travail de réalisation fait avec beaucoup de précision et de brio, les arrangements ajustés au quart de poil, l'équilibre impeccable entre les pistes et l'osmose générale qui ressort d'une rondelle dont la réussite n'était pas gagnée d'avance. Assek s'en sort avec les honneurs, qui plus est dans un registre qui n'est pas le plus facile à imposer. Ajoutez-lui un artwork bien fagoté et un petit clip et Assek devient instantanément " Mister Assek " … L'apanage des grands !