Nieppe ( 59 ) - Francja
Rejestracja : 27 grudnia 2007
Je serai plus long une autre fois, ce soir je suis crevé.
Vous avez des tripes et vous vous en servez. Vous avez envie de raconter des histoires avec de la musique, de la vraie, acoustique... J'ai l'impression d'une volonté d'envoutement par une sorte de ritournelle obsessionnelle qui fait tourner la tête. Cela manque un peu d'imagination, on revient toujours aux mêmes fondamentaux d'un discours pseudo improvisé.
Il vous faut travailler dans une direction un peu plus originale, en vous faisant moins plaisir et en pensant le plus possible à celui des autres.
C'est plaisant, les voix sont belles, mais pas de quoi trouer le plafond. Pourtant vous avez du potentiel.
J'attends la suite, pour l'instant faudrait plus de morceaux, avec des instrumentistes plus fiables.
Les notes déroulent leur tapis tissés d'instruments élégants et forts. A l'ancienne, peut-être, avec une actualité sonore et un équilibre dans le mix époustouflant : j'écoute au casque, un bon Sennheiser, et ça ne pardonne pas ! Il y a de l'insolence, de l'impertinence sur de la dentelle, tout se dit et tout s'écoute. Je me sens bien, si, si ! La voix raconte en chantant, à moins que ça ne soit le contraire, et on se prend à faire attention aux paroles. Elle sont simples, cette simplicité évidente qui montre une belle maîtrise de la composition littéraire. Dans une chanson il faut aller à l'essentiel, surtout lorsque le piano et l'accordéon jettent le projecteur sur Mado qui entre, toute menue et timide, quel charme fou. La madelon en plus petit, Une fille à soldats des bars de nuit ? Wouaou ! Et le son qui ondule avec elle, qui scande ses pas. L'orchestre tient sa place, ce ne sont pas que des guitares, une batterie... elles n'ont sûrement pas tout le temps été enregistrées en même temps mais on aime à le croire. Hein le trombone ! Je vais réécouter souvent ces pièces de la vie courante, pour la bonne humeur, pour la nostalgie, ce qui fait vivre le coeur de celui qui écoute et qui se sent soudain un vieux célibataire plein de poésie écartelé entre les femmes qui ne veulent pas de lui et l'enfance qui console. Beau disque, vous devez en être fier. Vous pouvez !
Qu'est-ce qui fait le bonheur de l'écoute de Khaban', la voix, ça c'est sûr, le texte, bien entendu, les arrangements, évidemment... c'est un tout mon bon monsieur. Et la musique vous m'en parlez ? Ah la musique ! Khaban' est au-delà des mélodies, elles sont là, mais ce n'est pas le plus important. Ce qui est extraordinaire c'est ce que ce groupe en fait. Cela vous est-il arrivé d'écouter un disque en boucle, jusqu'à l'ivresse de la voix qui tremble d'avoir côtoyé l'indifférence et l'oubli en fin de phrase ? Ici point d'ombre. De la lumière, des spots, des projecteurs et des corps qui bougent sur le devant de la scène. Petite guitare et frêle piano qui soulignent la voix, son énorme qui la concurrence : on va, on vient dans un univers maîtrisé de bout en bout. Articule-donc à l'ancienne sur des atmosphères d'aujourd'hui, sur un jazz enfumé, Nougaro, tu es là dans l'hommage au mage, qu'est-ce que c'est beau, frisson qui danse sur les mots. Et quand la maison bleue devient celle de mon aïeule que j'entends encore dire de sa voix bretonne, Kenavo. Raccourci vers l'enfance,vers les souvenirs qui me laisse essoufflé, le vague à l'âme, en même temps plein d'espoir. C'est chouette une rencontre comme celle-là. La prochaine étape, foi de fan qui naît, c'est le concert. Je serai au premier rang doucement hystérique - je n'ai plus vingt ans messieurs - et je sourirai peut-être béatement sur tout et contre tout. Et je serai ému, à la dernière chanson de fermer les yeux et de vous entendre dire tu te moques, je prendrai ça pour moi et je verrai passer les corps chauds du petit matin perdus à jamais dans mon crâne apaisé.
Un bel album que cet autre émoi.
Ecouté, et ce n'est pas là le plus difficile, cinq morceaux c'est peu, du début à la fin, mes oreilles ont adhéré, trouvant cela des plus agréable. Il me faudra d'autres écoutes pour y découvrir si le talent d' Orlando cache quelque chose d'original. Rien à dire pour la réalisation, c'est chiadé, c'est équilibré, c'est séduisant, trop ? Non, pas vraiment, on imagine la meneuse de revue descendant les marches illuminées... dans un décor grandiose, à l'image des arrangements. On en reparlera, pas en tête des ventes, puissé-je me tromper, mais en haut les coeurs. J'aurai tant envie d'écrire pour eux, si j'étais sûr d'avoir leur classe,pour m'entendre dans leurs bouches. C'est charnel, c'est jubilatoire... à la prochaine.